MATY veut rassurer sur son avenir

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Le siège social et l'usine de fabrication de Maty Boulevard Kennedy à Besançon

L’entreprise créée à Besançon en 1951 par Gérard Mantion était devenue en quelques années le leader de la vente par correspondance de bijoux. L’érosion de ce modèle de vente au début des années 2000 (comme la Redoute ou les 3 Suisses) avait conduit l’entreprise bisontine à innover en étant l’une des premières enseignes à créer en 1999 un site de vente en ligne « Maty.com ».

Réseau numérique et physique, le choix gagnant

Seul fabricant et distributeur dans le secteur de la bijouterie, Maty a fortement développé son activité fabrication tout en créant un réseau de boutiques de centre-ville qui compte aujourd’hui 37 magasins sur l’ensemble du territoire français. Consciente de l’importance de la logistique dans la nouvelle distribution de vente en ligne, Maty s’était doté en anticipation d’un process logistique très performant.

Un marché en fort recul depuis 2011

Patrick Cordier, le patron du groupe Maty l’explique pour plusieurs raisons “La médaille de baptême ou la montre de premier communiant ont été remplacés par l’achat d’un smartphone. La hausse vertigineuse des cours de l’or a également affecté notre modèle économique alors que nous investissions de façon importante pour évoluer”.

Par ailleurs, la culture sociale de l’entreprise est fortement ancrée chez Maty qui n’a pas voulu faire de la réduction des effectifs une variable d’ajustement. Certains partenaires financiers y auraient trouvé un intérêt alors que l’actionnaire unique qui reste la famille Mantion, s’y est toujours refusé, allant jusqu’à recapitaliser l’entreprise en 2018 à la suite de plusieurs années déficitaires.

Le contexte social et sanitaire a fortement fragilisé Maty

Les manifestations récurrentes (gilets jaunes, retraite…) en 2018 et 2019 ont mis à mal l’enseigne, particulièrement au moment des fêtes de fin d’année, période de forte activité en bijouterie. Le chiffre d’affaires a plongé en 2018 à 66 millions d’euros, puis 61 millions en 2019 avec des pertes respectives de trois millions et cinq millions d’euros. La pandémie de la Covid-19, avec la fermeture des 37 magasins pendant deux mois, a encore fragilisé l’entreprise.

Un socle de valeur pour penser un avenir meilleur

“Les jours heureux reviendront” aurait dit Emmanuel Macron. C’est aussi la volonté de la direction de Maty, contrainte d’annoncer un projet de PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi) aux partenaires sociaux le jeudi 27 Août. L’actionnaire familial a déjà fait bien au-delà en recapitalisant l’entreprise en 2018, choisissant la pérennité de l’entreprise et de ses 450 emplois.

Si le soutien d’un Prêt Garanti par l’Etat (PGE) évite la catastrophe, l’entreprise devra le rembourser dans les meilleurs délais. Il devenait impératif pour assurer la pérennité de Maty d’engager un plan de réorganisation permettant le retour à une situation bénéficiaire en 2021. La direction de l’entreprise a donc proposé aux organisations syndicales un plan concernant la fermeture de 8 points de vente sur les 37 du réseau et un ajustement de la structure du siège bisontin. Cela va se traduire par une réduction de 54 emplois, soit 12% de l’effectif total (38 postes pour les magasins et 16 postes au siège de Besançon). Les actionnaires et la direction de Maty s’engagent dans ce contexte difficile à la mise en place des mesures d’accompagnement pour les personnels qui seront concernés.

Il est notable que la relation de confiance entre dirigeants et salariés, qui a toujours été à la base du management Maty et de son créateur, permettra à l’entreprise, fleuron de l’activité économique bisontine, de rebondir et d’innover encore.

Yves Quemeneur