Meurtre de Planoise, une querelle qui a mal tournée

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Etienne Manteaux Procureur de la République était entouré du Commandant Millet, chef de l'antenne de police judiciaire de Besançon et de Bénilde Moreau Directeur adjoint de la sûreté départementale du Doubs ©YQ

Le procureur de la République Etienne Manteaux, accompagné de Régis Millet commandant de l’antenne de police judiciaire et de Bénilde Moreau directeur adjoint de la sûreté départementale du Doubs, faisait le point sur le drame du 17 mai qui a coûté la vie à un mineur de 17 ans à Planoise.

Ne pas instrumentaliser une malheureuse affaire “banale”

Dès qu’il s’agit de Planoise, les excès fleurissent. En l’espèce, la mort de ce jeune garçon de 17 ans est plutôt la conséquence “d’un mauvais regard et d’une querelle d’égo” selon le Procureur de la République.

Quatre individus en voiture arrivent sur un parking d’immeuble de l’avenue de l’Ile de France. Le meurtrier est accompagné de deux amis et du conducteur du véhicule. Il sort de la voiture et se querelle avec la victime avant de le blesser mortellement d’une balle en plein cœur. Le tireur et ses deux complices vont prendre la fuite, laissant sur place le conducteur en état de sidération. Les premiers éléments de l’enquête semblent démontrer que la personne n’était pas au courant des intentions du meurtrier. Il a attendu les secours et les forces de l’ordre et a collaboré avec les policiers.

Dès le lundi 18 mai au matin, les témoins passagers de la voiture sont interpellés et identifient clairement le tireur “nous ne savions pas qu’il voulait le tuer” diront-ils aux enquêteurs. Le meurtrier est arrêté quelques heures plus tard au domicile de la mère de sa compagne. Niant les faits dans un premier temps “à l’heure des faits, j’étais chez ma mère pour le repas de rupture du jeûn”, il finit par admettre avoir tiré le coup mortel et indique aux enquêteurs le lieu au bord du Doubs où il a jeté l’arme.

Le tireur et l’un des complices de la voiture ont été déférés à l’issue de leur garde à vue pour assassinat et complicité d’assassinat. Le procureur a demandé l’incarcération d’un autre passager, n’ayant pas respecté un contrôle judiciaire. Le Juge des libertés et de la détention l’a toutefois laissé libre sous une nouvelle mesure de contrôle judiciaire. A ce stade, le procureur met hors de cause le conducteur de la voiture.

Une enquête rondement menée

La collaboration étroite entre la police judiciaire et la sûreté départementale a parfaitement fonctionné. Il a fallu moins d’une journée aux services de police pour interpeller le principal coupable et ses complices. C’est aussi, selon le commandant Millet, le résultat d’un travail de l’ombre depuis de nombreux mois “nous les connaissons, nous savons comment ils fonctionnent”.

Cette malheureuse affaire ne doit pas servir des intérêts électoraux et devrait rassurer la population de Planoise. Le travail de la police est fait, le résultat est là.

Yves Quemeneur