Michel Barnier en visite dans le Doubs

Le favori des militants LR était à Montbéliard le 27 octobre

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Michel Barnier, l'un des six candidats à la candidature LR était entouré d'Arnaud Danjean député européen et soutien de Michel Barnier, de Charles Demouge président de Montbéliard Agglomération, de Christine Bouquin présidente du conseil départemental et d'Annie Genevard vice-présidente de l'Assemblée nationale et vice-présidente du parti Les Républicains ©YQ

Le favori des militants LR était à Montbéliard le 27 octobre

« Je me sens chez moi en Franche-Comté »

Michel Barnier a débuté sa conférence de presse en faisant le parallèle entre le Doubs et sa Savoie natale « mes montagnes sont plus hautes mais la température de Mouthe est plus basse ».

Michel Barnier a été accueilli à Montbéliard par Christine Bouquin, la présidente du département ©YQ

Entre le passage de Xavier Bertrand à Besançon le 22 octobre et la venue de Valérie Pécresse prévue le 27 novembre, l’ancien commissaire européen en charge de la négociation du Brexit était ce mercredi dans la cité des Princes où il tenait une réunion publique au théâtre municipal de Montbéliard.

« C’est un moment grave et exigeant pour notre famille politique et pour la France » a commenté celui qui se revendique de l’héritage gaulliste. « Je me suis engagé en politique derrière le général de Gaulle alors que j’avais 15 ans. Je représente la droite républicaine, sociale et décomplexée ».

Selon un observateur avisé de la politique française rencontré à Montbéliard, « Michel Barnier, c’est Macron dans 25 ans… » ©YQ

Europhile convaincu, Michel Barnier a tiré les enseignements du désastre britannique. A la question de savoir comment il allait convaincre les français de l’intérêt de l’Europe, l’ancien ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy est clair « Nous devons tirer les leçons du Brexit. C’est le sens du livre que j’ai écrit – La Grande Illusion- qui retrace ces quatre années de négociation avec le Royaume-Uni ». « C’est un avertissement » poursuit-il. « Je sais ce qu’il faut changer dans le fonctionnement européen » tout en étant vague sur le processus référendaire visant à donner plus de souveraineté à la France.

« Une ambition industrielle forte »

« Je souhaite faire de la France la première puissance économique et agricole en Europe en 2035, accélérer nos atouts et corriger nos faiblesses ». Michel Barnier veut relancer le programme nucléaire français même s’il faudra convaincre Bruxelles de l’intérêt de cette énergie réellement décarbonée. Sur la réouverture de Fessenheim, il ne se prononce pas tout en s’engageant à la construction de 6 nouveaux réacteurs. Michel Barnier intervenait dans le berceau de l’automobile française soulignant l’importance de la transition des mobilités (on parle toutefois de 60 000 emplois perdus dans la filière automobile ces prochaines années). « Pendant longtemps, l’industrie était un gros mot à Bruxelles, il ne faut pas laisser tomber l’industrie ».

Le résultat de la primaire interne des Républicains sera connu le 4 décembre prochain. Jusqu’au 15 novembre, les six candidats tentent de faire adhérer ou réadhérer leurs soutiens respectifs. Ça porte ses fruits : dans le Doubs, le nombre d’adhérents est passé de 800 à 1 100 en quelques semaines. Comme ses concurrents, Michel Barnier le répète « Au soir du 4 décembre, tout le monde a intérêt à être loyal, dans l’intérêt de notre famille politique, dans l’intérêt de la France ». Il ne se considère pas comme le favori des sondages internes de cette primaire qui ne dit pas son nom. Il table sur sa longue expérience d’élu, de ministre et de commissaire européen pour convaincre les militants puis ensuite les français qu’il est le mieux à même de redresser « un pays qui ne va pas bien ».

Yves Quemeneur