Quelles sont les ressources en eau potable sur le territoire de Grand Besançon ?

Grand Besançon Métropole a mis en place en 2017 un comité scientifique en partenariat avec l’Agence de l’Eau pour connaître, protéger et gérer le caractère précieux d’une ressource indispensable à la vie. Ce comité s’est réuni le 25 novembre pour mieux appréhender les eaux souterraines, leurs mouvements, d’évaluer la vulnérabilité de la ressource en eau et de protéger certains périmètres des pollutions et artificialisation des sols.

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La source d'Arcier assure 40% de l'approvisionnement en eau potable de Besançon....depuis 2000 ans -DR

Ce comité s’est réuni le 25 novembre, animé par Jean-Pierre Mettetal, un hydrogéologue à la retraite depuis 2007 mais dont la passion demeure intacte. Le rôle du comité scientifique est de mieux appréhender les eaux souterraines, leurs mouvements, d’évaluer la vulnérabilité de la ressource en eau et de protéger certains périmètres des pollutions et artificialisation des sols.

3% d’eau douce sur la terre

La « planète bleue » l’est essentiellement grâce aux océans qui recouvrent plus de 70% de la Terre. « La ressource en eau douce ne représente que 3% dont les 2/3 se trouvent dans les calottes glaciaires et les glaciers. Un petit tiers de l’eau douce est contenue dans les cavités souterraines, proches du sol comme les nappes phréatiques ou à grande profondeur dans les structures karstiques.

Le travail des experts scientifiques est de contrôler la qualité de l’eau en profondeur, d’en identifier ses origines et sa destination ».

Pour François Rollin, le directeur territorial de l’Agence de l’eau basé à Besançon, le périmètre bisontin possède une eau d’excellente qualité « mais nous n’avons pas conscience de son caractère précieux ».

Assurer à long terme la disponibilité de l’eau potable

L’alimentation en eau potable est très dépendante des ressources en eaux souterraines qui fournissent 77% des prélèvements sur l’ensemble du bassin Rhône-Méditerranée. La disponibilité à long terme n’est pas garantie du fait des évolutions climatiques défavorables (moins de pluie et donc moins d’infiltrations dans le sol qui assurent le renouvellement des nappes souterraines), du fait également des activités humaines en surface qui peuvent être néfastes pour l’eau ou encore de l’artificialisation des sols qui empêchent de nouveaux captages.

L’enjeu pour Grand Besançon Métropole est donc de tenter de bien connaître toutes les ressources en eau potable disponibles, satisfaire les habitants en eau potable et adapter ou réguler l’occupation des sols sur les zones où se constituent les ressources en eau.

Mais Jean-Pierre Mettetal, pourtant expert en hydrogéologie le dit « les eaux souterraines ne parlent pas, on ne connaît pas leur âge et nous ne savons pas précisément depuis quand la ressource en eau existe en sous-sol profond, d’où elle vient et où elle va » même si les sondages dans les sols kartsiques peuvent donner une idée du cheminement de l’eau.

Christophe Lime, le vice-président en charge de la politique de l’eau à Grand Besançon dont l’expertise et l’expérience sont reconnues par tous assure que « Grand Besançon va bien au-delà des exigences de la Loi sur l’eau et les milieux aquatiques votée en 2006 ».  Les périmètres de captage d’approvisionnement en eau potable pour la métropole assurent une eau de très grande qualité, même avant son traitement. La source d’Arcier représente 40% des besoins en eau potable de Besançon (eau traitée par la station de la Malate à raison de 8 600 m³/jour)). Cette source est alimentée par le premier plateau et de gros efforts ont été entrepris par la filière agricole et fromagère pour améliorer encore la qualité de l’eau. Au passage, l’élu de Grand Besançon tacle les agriculteurs « Si la qualité de l’eau devait diminuer du fait de la pollution agricole et du risque d’une baisse de l’alimentation de l’agglomération en eau potable, le choix du préfet sera vite pris entre la vie de Montbéliardes et la vie des habitants ». Pas sûr que la remarque soit du goût des éleveurs et des fromagers qui font les efforts nécessaires depuis 2003 pour améliorer leurs pratiques.

Depuis le transfert à la communauté urbaine de la compétence « eau et assainissement » Grand Besançon Métropole assure l’approvisionnement de 200 000 habitants répartis sur 68 communes au travers de 29 captages dont celui dans la Loue à Chennecy-Buillon (eau naturelle qui reste d’excellente qualité), le puits de Geneuille et celui de Saint-Vit.

« L’eau potable est un bien universel » souligne Christophe Lime. Il appartient à chacun des habitants d’en avoir conscience pour l’économiser et en améliorer la qualité.

Yves Quemeneur