Municipales à Besançon, le ciel électoral s’éclaircit

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Alexandra Cordier
le groupe politique "Ensemble !" installé le 8 juin prochain au conseil municipal de Besançon

Mais l’orage gronde déjà… Ce samedi 14 décembre, Alexandra Cordier et Eric Alauzet s’affrontaient par conférences de presse organisées presque simultanément. Rassemblements, convergences, ouvertures ont été les mots répétés par les deux candidats à la mairie de Besançon.

Côté pile, le candidat investi par laRem
Eric Alauzet Laurent Croizier
Margot Brisson, la nouvelle référente de la République en Marche, Laurent Croizier Président du Modem 25 et Eric Alauzet à la conférence de presse commune du 14 décembre 2019 ©YQ

Il est député depuis 2012, ex-EELV soutenu par le PS puis soutenu par LaRem aux législatives de 2017. Réputé gros travailleur, il brigue la succession de Jean-Louis Fousseret. Membre de l’actuelle majorité municipale, il en conteste pourtant certains projets emblématiques comme les Vaites dont il a pourtant voté toutes les décisions. A ses côtés ce matin, Laurent Croizier, président départemental du Modem. Elu sur la liste de rassemblement de droite menée par Jacques Grosperrin en 2014, il était résolument dans l’opposition municipale. Sa “tentation de Venise” n’aura guère duré. Le Modem, allié de LaRem, prend un léger cap à bâbord et monte dans l’équipage Alauzet. Mariage d’amour ou mariage de raison, l’union s’est faite sous les auspices de Margot Brisson, la nouvelle référente de la République en Marche dans le Doubs.

Le choix du lieu n’était pas anodin, selon Eric Alauzet. En choisissant d’annoncer l’union de LaRem et du Modem dans le quartier de Temis Innovation, le candidat veut bien marquer “Besançon, capitale de l’esprit d’entreprendre”, loin de l’idée de décroissance dont certains voudraient le taxer.

Sur le plan économique, il souhaite inventer “Proxim’éco” un service aux entreprises qui se créent pour établir un lien étroit avec la collectivité. Eric Alauzet en vient aussi à mettre en place un “Conseil stratégique économique” au niveau de Grand Besançon Métropole, pour caler les politiques publiques en lien avec le monde économique.

Eric Alauzet Laurent Croizier
Laurent Croizier Président du Modem25 et Eric Alauzet ont officiellement présenté leur accord électoral le 14 décembre 2019 ©YQ

Question gouvernance de l’agglomération, Eric Alauzet et Laurent Croizier ne veulent pas toucher à la charte de gouvernance du Grand Besançon (pour rappel 60% des voix à la périphérie mais le maire de Besançon est le président de l’agglo). Jean-Paul Michaud, Modem et vice-président de Grand Besançon Métropole l’assène “la totalité des maires de la périphérie soutiennent la candidature d’Eric Alauzet parce qu’ils savent qu’il ne touchera pas à la charte”. Les propos un peu excessifs du  maire de Thoraize pourraient passer comme une immixtion dans la décision des électeurs de Besançon.

Au final, une liste qui se voudra “agile” faite de compétences à tous les postes clefs, rassembleuse. “On revient aux fondamentaux de l’époque de Jean Minjoz” précise Eric Alauzet. Pas de tractations, pas de places achetées ou vendues, un projet pour Besançon. Laurent Croizier ne craint pas pour conclure de tacler ses anciens amis  “la liste des Républicains est une liste de la droite dure, point”

Côté face, une liste dans la continuité et le renouveau
Alexandra Cordier
Alexandra Cordier a dévoilé une partie de son programme et de sa liste ce samedi 14 décembre 2019 ©YQ

“J’ai choisi d’être candidate à l’élection municipale de Besançon”. Alexandra Cordier n’aura surpris personne en annonçant sa candidature. Elle avait choisi l’Hôtel Ibis City, à quelques mètres du siège de Grand Besançon Métropole. Elle se place résolument en dehors des étiquettes partisanes. Si elle se dit toujours Marcheuse, sa liste n’est pas dissidente. Elle est ouverte sur tous les horizons. La jeune trentenaire l’affirme “80% de notre liste sont des visages neufs”.

Sa liste “Ensemble !” est la marque de la détermination qui pilote son projet pour Besançon. Elle ne renie rien des 11 années passées au Cabinet du Maire de Besançon (façon de dire qu’elle connaît parfaitement bien tous les dossiers importants). Pour en apporter la preuve, Jean-Louis Fousseret a accepté de figurer à la 55ème place de sa liste. Le Maire actuel ne tarit pas d’éloge “elle est jeune, courageuse et tenace. Et puis, la Finlande vient d’élire une première ministre de 34 ans, alors une femme jeune et brillante aux commandes de Besançon…” conclut-il.

Alexandra Cordier
Myriam Lemercier et Philippe Gonon, réunis pour le renouveau ©YQ

Alexandra Cordier ne craint pas de mettre en avant dès maintenant une vingtaine de membres de sa liste dont Catherine Comte-Deleuze, conseillère régionale chef de file de l’UDI et Philippe Gonon,  vice-président du conseil départemental et figure locale d’Agir. Clairement, le Centre rejoint Alexandra Cordier. Mais on y croisait aussi Myriam Lemercier et plusieurs membres de la mouvance socialiste. Randall Schwerdorffer, le médiatique et talentueux avocat pénaliste est aussi de la partie, comme des commerçants et des chefs d’entreprise. Alexandra Cordier entend aussi réserver une dizaine de places sur sa liste à des bisontines et bisontins qui ont envie de partager ce travail en commun.

On retiendra quelques idées originales pour répondre aux soucis des bisontins. Pour augmenter le nombre de places en cantine, Alexandra Cordier propose que les accompagnants de la cantine déjeunent avant les enfants pour libérer des places (ce sont 300 places qui pourraient être ainsi gagnées). En matière de sécurité, elle veut créer des patrouilles mixtes police municipale et nationale et des brigades canines. Elle souhaite également augmenter la vidéo-surveillance. Sur l’armement des policiers municipaux, elle proposera de le réserver aux agents patrouillant avec la police nationale.

Le temps des propositions concrètes et chiffrées viendra. Eric Alauzet et Alexandra Cordier, les enfants ennemis de LaRem fourbissent chacun et chacune leurs armes, mettent en avant leurs soldats.  Il sera temps en janvier 2020 de passer aux choses sérieuses.

Yves Quemeneur