Nécessaire correction

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Pendant que les urgences brûlent dans tous les hôpitaux de l’Hexagone et que la violence n’a jamais été aussi prégnante dans notre beau pays, qui visiblement coule des jours heureux dans la sérénité et l’harmonie la plus idyllique, notre gouvernement a trouvé le temps (c’est-à-dire l’implication politique nécessaire) afin de se mobiliser comme un seul homme quant à un problème visiblement majeur et prioritaire : la création d’une loi « anti-fessée » !

Ainsi, le Parlement a adopté définitivement mardi, un texte visant à interdire « les violences éducatives
ordinaires ».

« On arrive au bout et c’est vraiment une bonne chose » s’est félicitée, à ce sujet, la rapporteure Maud Petit
(MoDem).

Mais au bout de quoi au juste ?

Des corrections nécessaires à l’éducation courante qu’il convient d’opérer avec un enfant, afin de le structurer, le sécuriser et l’armer pour sa vie d’adulte ?

De la frustration à laquelle il est indispensable de le préparer pour son futur qui en regorgera quotidiennement ?

De l’obligation à se soumettre aux règles non négociables, figures imposées qui régissent la société dans son ensemble ?

D’un certain sens du devoir, de la responsabilité, de la prise de conscience des conséquences liées à nos actes ?

Voyez-vous, c’est avec ce genre de déconstruction de la relation parent-enfant qui contrairement à ce qu’une certaine tendance dite « moderne » laisse croire, se doit d’être et de demeurer asymétrique, (chacun étant à sa place, et dans son rôle), que l’on récolte des années plus tard, une multitude de jeunes inadaptés à l’effort, à la frustration, à l’acceptation de nos obligations civiques et individuelles et plus globalement, au respect de la hiérarchie « verticale ».

A cela, l’ordre progressiste rétorque en brandissant le fameux “modèle suédois”.

Sauf que les dirigeants du « pays allongé », glorifiant un système plus « horizontal », fabriquent depuis des années une génération entière d’êtres prétentieux, instables, aux prochaines tendances anxio-dépressives. De futurs adultes insupportables en somme.

Le psychiatre suédois David Eberhard, particulièrement bien placé pour livrer son avis éclairé, ajoute même :

« Parce qu’ils ont été élevés de cette manière, les enfants suédois tombent de haut à l’âge adulte. Leurs attentes sont trop élevées et ils découvrent que la vie est dure. Cela se manifeste par des troubles de l’anxiété et des tendances à comportements autodestructeurs qui ont augmenté de manière spectaculaire en Suède ».

Or, ce mauvais chemin, la France est aussi en train de l’emprunter.

Aujourd’hui toute une génération ne cesse de répéter « J’ai le droit », exprimant de manière péremptoire un « droit à s’élever contre » : l’école, l’autorité parentale, les règles communes et même parfois la loi en général ! Ben oui… Mais non !

Cela dit, même si la jeune génération qui arrive risque de nous en faire voir de toutes les couleurs, du moment que la fessée entre adultes consentants (pour ne pas dire demandeurs) est encore autorisée, il nous reste encore, fort heureusement, quelques petits bonheurs en
perspective…

Cyril Kempfer