Nouvelles recommandations concernant la bronchiolite

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Le virus Syncital (VRS) touche la quasi-totalité des enfants de moins de deux ans. Un tiers d'entre eux développeront une bronchiolite.

C’est la maladie redoutée par tous les parents de nourrissons : la bronchiolite touche près de 500 000 bébés chaque année.

Tout commence par un écoulement nasal et une toux légère. Puis, une gêne respiratoire s’installe et la respiration devient sifflante, un signe flagrant de la maladie. La toux devient ensuite grasse et productive et l’enfant rencontre des difficultés pour s’alimenter. La fatigue, la fièvre et une certaine irritabilité peuvent elles-aussi s’installer. La bronchiolite est facilement diagnostiquée par un examen clinique simple et le praticien décidera de la suite à donner au traitement : il peut aller du simple lavage de nez couplé à de l’observation à une hospitalisation en cas de gêne respiratoire sévère, de refus de s’alimenter ou si l’enfant est âgé de moins de 6 semaines.
La bronchiolite est due au virus VRS, qui survient par épidémie hivernale. Il atteint son apogée à la mi-décembre. Atteintes par ce virus, les bronchioles (ou petites bronches) de l’enfant vont alors connaître une réaction inflammatoire, un œdème de la paroi et une hyper-sécrétion qui vont aboutir à leur obstruction.
La maladie se soigne d’elle-même en 10 jours environ. Des mesures de précaution peuvent être prises afin d’augmenter le confort du bébé : le coucher à plat sur le dos, fractionner son alimentation, exclure tout tabagisme à proximité du petit malade, conserver une température de 19° dans toutes les pièces de vie et limiter les contacts physiques du nourrisson aux parents.

Une surveillance accrue pendant 48h

Il est primordial de surveiller de façon accrue son petit malade durant les premières 48 heures suivant le début de la gêne respiratoire. C’est pendant cette période délicate que tout peut s’aggraver. Il faut immédiatement contacter le 15 si votre enfant a les lèvres bleues, s’il fait un malaise ou des pauses respiratoires, si sa respiration devient plus lente tout en étant très gênée, s’il ne réagit plus, dort tout le temps, geint et enfin, s’il refuse catégoriquement de se nourrir. Dans les stades les plus graves, l’hospitalisation peut se faire en unité de soins intensifs ou de réanimation. La bronchiolite du nourrisson est une pathologie à prendre au sérieux, notamment chez les très jeunes enfants, et en particulier ceux de moins de 6 semaines.

“La kinésithérapie respiratoire n’est plus recommandée”

Très connue dans le traitement de la bronchiolite, la kinésithérapie respiratoire n’est pourtant plus recommandée depuis ce mois de novembre, d’après la Haute Autorité de la Santé. “L’analyse actuelle de la littérature ne permet pas de constater un effet bénéfique”  explique-t-elle. Plusieurs études démontrent que le recours à cette technique ne réduisait pas les temps de séjour à l’hôpital.
Toutefois, les syndicats de kinésithérapeutes s’élèvent contre cette décision, et rappelle dans un communiqué que “leur prise en charge va bien plus loin que le simple drainage bronchique. Le kinésithérapeute ausculte, évalue et réoriente le bébé vers les urgences ou le médecin traitant au besoin. Il rassure et accompagne les parents. C’est un acteur-clé de l’éducation à la santé.” Ils ajoutent que ” “la mise en place de réseaux de kinésithérapeutes dès les années 2000 a permis de réduire de manière significative le recours aux urgences”.  Enfin, ils concluent sur ces mots :”Si, pour les 3% d’enfants hospitalisés, la kinésithérapie ne diminue pas le temps d’hospitalisation, pour les 97% des 460 000 enfants atteints de bronchiolite, le rôle du kinésithérapeute est essentiel.”

Un état léthargique est un signe à prendre en considération.