Haut-Doubs. Ornans. Quelle stratégie adopter en présence d’immeubles menaçant en ruine ?

23
La ville met en place un SAUC pour lui permettre de connaitre l'état du patrimoine bâti.

Confrontée à la présence sur le territoire de trois bâtiments privés menaçant de s’effondrer, la ville a dû prendre des décisions rapides pour éviter tout accident. Explications de Boris Pierret, adjoint en charge de l’urbanisme.

« Il s’agit de trois propriétés privées situées rue du Champliman, au château et au centre-ville pour lesquelles des arrêtés de péril avaient été pris en 2017 et 2019 » explique l’élu qui poursuit en soulignant que les risques étaient devenus trop importants pour le voisinage en particulier et pour toute la population en général. « La législation s’est également durcie suite au drame survenu à Marseille (ndlr : huit morts dans l’effondrement de deux immeubles vétustes) ».

Saisi automatiquement en cas d’arrêté municipal de péril, le tribunal administratif a donc dépêché sur place un expert qui a confirmé la situation mettant la collectivité face à un choix très clair pour garantir une sécurisation rapide : « Soit les propriétaires peuvent régler eux-mêmes ou alors la commune paie et effectue une mise en recouvrement ensuite. L’autre solution est que la ville fasse l’acquisition du bâtiment pour avoir la pleine maîtrise du chantier qui peut s’avérer délicat » détaille Boris Pierret. C’est l’option qui a été retenue Rue du Champliman puisque la Ville d’Ornans est devenue propriétaire pour 1€ symbolique. « Dans la foulée nous avons rapidement sécurisé en procédant à un étaiement et en tenant compte de la mitoyenneté, une difficulté supplémentaire, puis la démolition pourra intervenir avant fin novembre ce qui permettra également de procéder à un élargissement de la voie de circulation ».

Pour les chantiers à venir, sauf refus de vendre du propriétaire, l’adjoint à l’urbanisme souhaite que la commune ait la maîtrise d’œuvre. « C’est un choix stratégique qui permet de faire face plus rapidement et plus efficacement à ce type de problème ». Il précise par ailleurs que pour les immeubles classés, comme c’est le cas pour celui en question situé au centre-ville que d’ailleurs le propriétaire actuel ne souhaite pas vendre, suite à l’avis de la DRAC (direction régionale des affaires culturelles), la sauvegarde sera préférée à la destruction.

« Afin d’anticiper et d’éviter d’autres mauvaises surprises dans les années à venir, nous travaillons actuellement à la mise en place d’un SAUC (schéma d’aménagement urbain de caractère), un outil d’aide à la décision pour le futur.”