« Osons briser le silence »

Macha Woronoff, la Présidente de l’Université de Franche-Comté, a présenté le 9 novembre une plateforme de signalement des discriminations, harcèlements et agressions au sein de l’Université.

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Macha Woronoff, la présidente de l'Université de Franche-Comté, a présenté la plateforme de signalement SOS pour venir en aide aux victimes et témoins d'abus et/ou de violences ©YQ

Macha Woronoff, la Présidente de l’Université de Franche-Comté, a présenté le 9 novembre une plateforme de signalement des discriminations, harcèlements et agressions au sein de l’Université.

Plateforme SOS pour Signalement, Orientation, Suivi

« L’Université est un lieu de débats, de découvertes, un lieu d’intégrité intellectuel » a argumenté Macha Woronoff. La professeure de pharmacie clinique élue en 2020 pour un mandat de quatre ans à la tête de l’Université franc-comtoise qui forme près de 30 000 apprenants par an dit « promouvoir les valeurs universelles, lutter contre les inégalités et créer un environnement favorable pour chacune et chacun des étudiants ».

« Nous ne devons pas fermer les yeux sur toutes les violences quelles qu’elles soient » poursuit Macha Woronoff qui ajoute être très fière de porter, avec le conseil d’administration de l’Université, ce site dédié aux potentielles victimes, de façon anonyme.

Les étudiants, enseignants et tous les personnels de l’Université ont donc depuis ce lundi, la capacité à témoigner ou dénoncer des faits de harcèlements, de propos sexistes ou de toute discrimination. Ils le font de façon anonyme, sans passer par leurs identifiants d’étudiant.

« Nous voulons aller au-delà la Loi »

Entourée de deux vice-présidents et de la directrice des ressources humaines, Macha Woronoff l’affirme “Croire la parole des victimes est essentiel. Je veux que la peur change de camp”. Quatre agents de l’Université seront chargés de la lecture et de l’écoute des témoignages ; ces professionnels de la santé (2 en médecine préventive et 2 en médecine psycho-sociale) orienteront les victimes potentielles et/ou des témoins vers une procédure interne auprès du conseil de discipline de l’Université, voire vers une procédure judiciaire dans le cadre de l’application de l’article 40 du Code de procédure pénale. Cette dernière procédure, de la seule responsabilité de la présidente de l’Université, a été appliquée tout récemment dans « l’affaire » de l’école d’orthophonie de Besançon. Dans cette affaire, l’inspection générale de l’enseignement supérieur va également ouvrir une enquête. Elle sera à Besançon la semaine prochaine.

L’effet « Metoo » poursuit son travail d’assainissement sur les comportements indignes, qu’ils viennent d’étudiants, d’enseignants ou d’autres personnes de l’Université. La Présidente espère que cette plateforme sera utilisée. Pour autant, cet outil informatique ne doit pas devenir un autre réseau social où, sous couvert d’anonymat, on puisse diffuser des accusations mensongères.

Yves Quemeneur