Pâques : entre religions et traditions

211
Le Lapin de Pâques est prêt à faire sa tournée.

La fête de Pâques approche à grands pas, pour le plus gourmand plaisir des petits et des grands.

Une histoire de religions

Pour la communauté chrétienne, Pâques est une fête importante, célébrant la résurrection de Jésus. Le Dimanche de Pâques suit la Semaine sainte, durant laquelle Jésus prit son dernier repas avec ses apôtres (Jeudi saint) avant d’être crucifié le lendemain (vendredi saint). Il ressuscita le troisième jour, soit dimanche de Pâques. Pour les Orthodoxes, la fête de Pâques est précédée d’une semaine de jeûne et il est coutume, le dimanche, de manger l’agneau pascal.
Pâques, appelée Pessa’h en hébreu, est une fête juive très importante. En effet, elle commémore la fuite du peuple juif, libéré de l’esclavage et elle célèbre la naissance des enfants d’Israël. En souvenir de cet épisode historique, il est interdit de manger du pain contenant du levain, puisque le pâte n’avait pas eu le temps de lever pendant la fuite. Ainsi, les Juifs consomment des galettes de pain azyme, nommées Mazots.

Mais aussi une fête païenne

La fête de Pâques n’est pas uniquement religieuse. Elle est la symbolique du retour du printemps et des beaux jours, après de longs mois d’hiver gris et sombres. Dès l’Antiquité, cette période était célébrée, souvent avec le retour d’une déesse ou d’un dieu.

Des traditions … plutôt gourmandes !

Aujourd’hui, la tradition veut que l’on offre des œufs, sous bien des formes : en sucre, peints, cuits ou bien évidemment en chocolat. Pour les Roumains, les Perses et les Égyptiens, il est le symbole de la vie et on se l’offrait au moment du printemps. Plus largement, les poules et les poussins revêtent la même symbolique.
Dans la religion chrétienne, durant le Moyen-Âge, il était interdit de manger des œufs durant le Carême (les quarante jours précédant la résurrection du Christ). Afin de ne pas les perdre, et en vue des festivités, ils étaient décorés et peints. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que l’idée est venue de les vider et de les remplir de chocolat. Cette tradition perdure surtout en Allemagne de nos jours. Quant aux premiers œufs tout en chocolat il aura fallu attendre le XIXe siècle et ses avancées technologiques pour en voir arriver sur les étals des meilleurs confiseurs.

Et les cloches dans tout ça ?

Entre le Jeudi Saint et le Dimanche de Pâques, il est interdit de faire fonctionner les cloches des églises, en signe de deuil. On raconte alors aux enfants que les cloches sont parties à Rome pour se faire bénir et qu’en revenant, elles font tomber des pluies de chocolat dans les jardins (ou, plus fort encore, dans les maisons lorsque le temps est trop mauvais !). Munis de leur petit panier, les gourmands en culotte courte s’élance à la chasse aux œufs, avec une joie bruyamment exprimée.
Dans l’Est de la France et en Allemagne, on parle plutôt de Lapin de Pâques. Cet adorable animal aux longues oreilles est associé à Ost Ara, déesse de la fertilité et du printemps dans la tradition païenne germanique. Aux États-Unis, c’est le lièvre qui dépose les trésors chocolatés. Dans d’autres cultures, on parle de coucous, de cigognes, …

Un repas de fête traditionnel

Le dimanche de Pâques est souvent l’unique jour de l’année où l’on consomme de l’agneau, sous quelque forme que ce soit. Il est traditionnellement accompagné de flageolets et de haricots verts. En entrée, on déguste volontiers le pâté de Pâques, des asperges ou tout simplement, … des œufs ! Pour le dessert, pensez au fameux gâteau “Nid de Pâques”, garni d’œufs sucrés en tout genre … et cassez d’un coup de maillet l’énorme lapin en chocolat, trouvé un peu plus tôt dans le jardin !

C’est parti pour la chasse au chocolat !