Pas de frontières pour les campagnols

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Plutôt que le traitement chimique, la suisse souhaite favoriser la sauvegarde des prédateurs des campagnols.

En Suisse, le Parc du Doubs propose des pistes de lutte préventive contre les campagnols terrestres destinés principalement aux agriculteurs et propriétaires terriens.

Il y est notamment question de réaliser des constructions faciles à mettre en place comme les tas de bois, tas de pierres ou nichoirs afin de rendre les domaines agricoles plus accueillants pour les prédateurs des campagnols comme les petits mustélidés ou les rapaces. La présence d’au moins dix tas de ce type aux cent hectares permet aux populations d’hermines et de belettes de se sédentariser dans l’exploitation. Les aménagements doivent cependant être connectés au réseau de structures paysagères comme les haies, bosquets, lisières, et murs en pierre sèche.

Cette lutte préventive consiste donc à favoriser les prédateurs naturels du campagnol terrestre (lutte biologique) et les techniques agricoles durables qui permettent de limiter la présence du rongeur (destruction des galeries par la pâture ou le rouleau, mise en place de cultures de céréales, aménagement de structures dans l’exploitation). Réalisées conjointement, les mesures de promotion des petits carnivores, les mesures favorisant les rapaces et la structuration des terrains agricoles mèneront la vie dure aux campagnols et feront de votre exploitation une zone à haut risque de prédation pour les rongeurs des prairies.

Dans les secteurs d’herbages intensifs cultivés sur de grandes surfaces, des séparations durables entre parcelles peuvent freiner la propagation des pullulations. La haie constitue une séparation très efficace, car elle renforce également la prédation par les rapaces diurnes et nocturnes en fournissant des postes d’affût. L’installation d’une haie avec une bande herbeuse ou d’une bande herbeuse extensive entre deux parcelles limite quant à lui l’intérêt du campagnol pour les herbages adjacents.