Pas de titre pour cette rubrique : c’est la grève

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Autrefois, bien avant l’instauration de l’opération Paris Plages en 2002, une plage, qu’on appelait jadis une grève, bordait la Seine. Le mot nous vient des gaulois qui appelaient grava le sable mélangé de gravier.

L’endroit permettait un déchargement facile des marchandises arrivant par bateaux sur la Seine. Bien vite, le port de Grève devint le plus important de Paris. Le commerce du bois, du blé, du foin et bien sûr du vin favorisa l’installation d’un marché prospère et animé qui s’installa tout à côté, sur la Place de Grève nouvellement construite.

Sur cette place beaucoup de coupables ont fini découpés. Ravaillac en 1610 fut seulement écartelé, Cartouche en 1721 fut roué vif. Plus tard d’autres, avec les progrès de la justice immanente furent raccourcis parce qu’ils avaient un jour perdu la tête et commis d’épouvantables forfaits. Ces décapitations étaient un spectacle à couper le souffle mais il n’y avait point encore les Tour-Operators. La foule défilait en masse Place de Grève en poussant des cris et en brandissant des banderoles vengeresses.

C’est aussi là que se rassemblaient ouvriers et manœuvres en recherche d’emploi. Ils n’en trouvaient pas et « faire la grève » consistait à rester planté là, sur la Place, en attendant des jours meilleurs et plus besogneux.

L’expression « faire la grève » était née dans cette misère, ce désespoir et ce désœuvrement.

Aujourd’hui la grève va bon train et si elle ne déraille, elle nous mènera en 2020.

Je souhaite à tous, après une année riche en revendications, de prendre le train de la croissance en marche et de ne pas rester à quai.