Passages à niveau : Attention danger !

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Michel Loyat vice-président en charge des mobilités du Grand Besançon, Joël Mathurin Préfet du Doubs et Jérôme Grand Directeur régional de SNCF Réseaux - photo YQ

La sécurité est au cœur des préoccupations de SNCF Réseau. Chargé de l’entretien des infrastructures, l’opérateur ferroviaire organisait le 11 septembre à Besançon une journée de sensibilisation au danger que représentent les passages à niveau.

Le passage à niveau n°2 de Besançon Mouillère a été choisi pour alerter les 3500 véhicules/jour qui empruntent l’avenue de Chardonnet, confrontés aux 32 trains quotidiens de la ligne Besançon – Le Locle. Des agents de SNCF Réseau, de la police nationale et de la Prévention Routière ont remis aux automobilistes des flyers rappelant les principales règles de sécurité à respecter.
Ne risquez pas votre vie aux passages à niveau
106 passages à niveau sont recensés dans le département du Doubs sur les 316 que compte la Franche-Comté. 98% des accidents qui surviennent lors du franchissement d’un passage à niveau sont dus au non-respect du Code de la Route. La vitesse excessive est souvent à l’origine du franchissement alors que le feu rouge clignotant est allumé ou encore le passage en chicane entre deux demi-barrières. Lancé à 100 km/h, un train a besoin d’un kilomètre pour s’arrêter. Cela laisse peu de chances aux conducteurs et aux passagers d’une voiture de survivre à un tel choc.
Sur l’ensemble du territoire en 2018, 16 personnes ont perdu la vie dans une centaine de collisions train/véhicule. Dans le département, fort heureusement, une seule collision n’ayant fait aucun blessé a eu lieu en 2016 sur la commune des Combes. Depuis 2015, on recense 22 heurts de barrières ou d’installations sans conséquence pour les automobilistes.

Des règles de sécurité simples à respecter

En voiture, à pied ou à vélo, il faut rester vigilant à l’approche d’un passage à niveau. Le code de la route (art. R422-3) accorde la priorité absolue aux trains dans tous les cas de figure. Ne traverser la voie ferrée qu’après s’être assuré de pouvoir sortir de l’autre côté sans danger (c’est particulièrement vrai en cas d’embouteillage et valable pour les voies du tram également). Soyons patients : en moyenne, le temps d’attente à un passage à niveau n’excède pas 45 secondes…Pourquoi risquer de perdre la vie pour quelques secondes !
Et en cas d’immobilisation du véhicule sur les voies, la première règle est d’évacuer immédiatement les passagers de la voiture puis, si possible la dégager en enfonçant les barrières cassables.

Peu connus des automobilistes, des téléphones d’urgence sont implantés de chaque côté des passages à niveau. Ils permettent de se mettre directement en relation avec le responsable de la gare la plus proche, seul habilité à arrêter immédiatement la circulation des trains.
La SNCF améliore la sécurité des passages à niveau en supprimant progressivement tous les franchissements non automatisés, en plaçant des caméras de vidéo-surveillance sur les lieux à risque. Dans le Doubs, deux passages vont être automatisés dans les prochains mois à Epenoy et aux Combes.
Comme pour l’ensemble des accidents de la route, la majorité des accidents aux passages à niveau concerne les trajets habituels et des personnes résidant à proximité. La routine quotidienne engendre des prises de risque qui peut se révéler fatale. Faut-il pour autant supprimer les 106 passages à niveau du département, essentiellement en zone rurale ? L’investissement paraît disproportionné. Il appartient à la SNCF de mieux les sécuriser en amont (ralentisseurs, zone 30…) et aux automobilistes de rester constamment vigilants.

opération de sensibilisation aux passages à niveaux
Police nationale, prévention routière, SNCF et élus entouraient le préfet pour cette opération au passage à niveau de la Mouillère – photo YQ