Philippe Chapon fait le point sur les Absinthiades

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"Le concours des Absinthiades est un événement unique en France car il ne concerne qu'un seul et unique produit."

Ce passionné de la Fée Verte œuvre chaque année, depuis sa création il y a 19 ans, sur le rendez-vous incontournable des amoureux de l’absinthe : les Absinthiades. Il nous parle des coulisses de l’événement, de son évolution au fil des ans et de cette 20e édition qui se prépare.

Qui organise cette manifestation précisément ?
A l’origine, c’est l’association des Amis du Musée de Pontarlier qui a mis sur pied cette fête dédiée à l’absinthe. Puis, en 2008, Nicolas Giger et moi-même avons créé l’association Pays de l’Absinthe, qui relie la capitale économique de l’absinthe qu’est Pontarlier au Val-de-Travers, le berceau historique de la boisson.

Comment ont commencé les Absinthiades ?
Elles ont été créées en 2000, alors même que l’absinthe n’était pas encore autorisée de nouveau sur le territoire. Cette manifestation était surtout l’occasion pour les collectionneurs d’exposer leurs objets et d’en découvrir d’autres. Il y avait des fontaines, des verres, toutes sortes d’objets, des affiches … On ne parlait pas tellement de la boisson proprement dite mais bien de ce qu’il y avait autour.

L’absinthe est réhabilitée dès l’année suivante ?
Exactement, ce qui a donné un nouveau souffle aux Absinthiades. Les distillateurs historiques de la liqueur, que sont Guy et Pernot, ont ressorti leurs propres productions, qu’ils ont présentées à la dégustation dès cette deuxième édition.

Comment évolue la manifestation ?
La dégustation et l’octroi des médailles forment désormais le point central du week-end. De plus en plus de distillateurs, venus du monde entier, viennent présenter leurs productions. Cette année, nous avons pu déguster 24 absinthes venues de France bien sûr, mais aussi d’Allemagne, de Suisse, de Belgique et plus étonnant, d’Israël et du Japon.

Comment sont départagées les concurrentes ?
Tout d’abord, il faut savoir que nous n’acceptons que des absinthes distillées et sans sucres, blanches et vertes, comme elles se faisaient auparavant. Elles doivent être légales, déclarées et facilement trouvables, même sur le net. Un huissier de justice a rédigé le règlement et organise lui-même les dégustations à l’aveugle. Les trois jurys différents (professionnels, populaires et VIP, NDLR) notent la couleur et l’absence d’impuretés ainsi que le trouble du breuvage dès l’apport de l’eau. Puis, on découvre les effluves libérées par l’absinthe pure, comme celles de menthe ou d’anis et enfin, les papilles entrent en jeu pour en apprécier toutes les saveurs. Une note sur 20 points est alors attribuée à toutes, et le classement se fait ainsi naturellement.

Qui a remporté le titre cette année ?
Le Grand Or a été remporté par Stéphane Marguet, de la distillerie de Dompierre les Tilleuls. Son absinthe verte a reçu la meilleure note de tout le concours. C’est une distillerie assez jeune qui a su se démarquer par son savoir-faire et sa maîtrise des dosages. C’est une récompense importante pour tous les lauréats qui voient en cette distinction la reconnaissance de leurs pairs mais aussi des consommateurs.

Que nous réserve la 20e édition des Absinthiades ?
Nous allons proposer une édition un peu plus étoffée, avec un spectacle autour du thème de la manifestation, une belle exposition à la Chapelle des Annonciades et une cérémonie en faveur de tous les ambassadeurs. Nous savons d’ores et déjà que certains distillateurs s’apprêtent à sortir une nouvelle absinthe pour l’occasion. La Fée Verte n’a décidément pas fini de nous surprendre !