Philippe Grenier : envers et contre tous.

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Philippe Grenier a vécu dans cette maison blanche (à droite sur la photo), , à deux pas de la Porte Saint Pierre. Une plaque sobre, à son image, a été installée là pour le rappeler.

Fils d’une famille française bourgeoise, Philippe Grenier ouvre son cabinet de médecin en 1890 à Pontarlier. La même année, il visite son frère, à Bilda, en Algérie Française. Il est frappé par la pauvreté qu’il y rencontre et l’aperçu de son séjour lui fait considérer que la France maintient les algériens musulmans dans la misère.
A son retour en France, il étudie le Coran et lors d’un second voyage à Bilda, en 1894, se convertit à l’islam puis adopte la tenue traditionnelle des musulmans algériens.
A Pontarlier, il s’intéresse aux questions d’hygiène publique et d’aide aux nécessiteux: il se fait élire conseiller municipal. Fin décembre 1896, il tente sa chance à l’élection législative partielle, qu’il remporte, malgré une presse hostile et moqueuse de ses tenues (turban, burnous ou gandoura), grâce à un programme social ambitieux. Premier député musulman de France, il met en garde ses collègues députés contre de graves risques de troubles en Algérie s’ils ignorent ses propositions.
Sa lutte contre l’alcoolisme, en sa double qualité de médecin et de musulman, le conduira à sa perte électorale. Dans une ville où presque la moitié des pontissaliens travaille dans une des 25 distilleries et où l’absinthe est reine, il est battu aux élections de 1898 et 1902. Il se consacre alors avec dévouement à sa tâche de médecin, soignant notamment les gens pauvres gratuitement, et allant même jusqu’à leur acheter lui-même les médicaments qu’il leur ordonnait. Il meurt le 25 mars 1944 à Pontarlier qui l’a vu naître où il a laissé une trace indélébile. Aujourd’hui, un collège de la ville, une rue et la mosquée porte son nom.