Planoise, la reconquête est en marche

182
Le procureur de Besançon et le Préfet du Doubs écoutent les explications sur l'opération menée le 9 septembre à Planoise qui a mobilisé 40 fonctionnaires de police ©YQ

Le sigle QRR (Quartier de Reconquête Républicaine) signifie bien quelque chose depuis quelques mois dans le quartier de Planoise à Besançon.

Pas de répit pour les dealers

Ce mercredi 9 septembre, le préfet du Doubs Joël Mathurin, Etienne Manteaux procureur de la République de Besançon suivait une opération de 40 fonctionnaires de police orchestrée par Michel Klein le Directeur départemental de la sécurité publique du Doubs.

Michel Klein a exposé la politique globale de lutte contre la délinquance à Planoise qui commence à porter ses fruits ©YQ

Le patron des policiers du département a mis en œuvre depuis plus d’un an,  une réponse globale à la délinquance qui sévit dans le quartier sensible de Planoise. Sur chaque m² des zones de deals, dans chaque cave d’immeuble ou chaque appartement inoccupé, les délinquants ne sont plus tranquilles.

Des opérations quasi quotidiennes ciblées

Comme la semaine passée aux 408, les policiers n’interpellent pas au hasard. Ce mercredi, c’est au 20 rue de Fribourg qu’ils savaient pouvoir arrêter un dealer déjà repéré. Le mineur de 17 ans a été interpellé avec 60 grammes de cocaïne et d’héroïne. Il avait dans une pochette 2 300€ en espèces. L’opération a permis également d’arrêter deux acheteurs sur les lieux. Les trois personnes ont été placées en garde à vue. Le mineur sera présenté devant un juge pour enfants et les deux consommateurs devraient écoper de la nouvelle mesure d’amende délictuelle de 200€.

Etienne Manteaux, Procureur de la République de Besançon, Michel Klein le patron de la police du Doubs et Joël Mathurin, Préfet du Doubs ont parcouru les allées de Planoise avec les équipes de la police de Besançon ©YQ

Ce sont des observations en amont, des recoupements d’information des agents de terrain, de la police municipale et parfois des habitants qui indiquent un lieu de deal qui permettent ces arrestations. Alors certains objecteront qu’il faut 40 policiers pour arrêter un dealer de 17 ans. Mais le préfet le fait remarquer “depuis quelque temps, les dealers ne sont plus à l’aise à Planoise. Ce n’est plus leur territoire” Alors s’il faut des opérations quotidiennes pour obtenir ce résultat, le jeu du chat et de la souris entre policiers et délinquants en vaut la chandelle !

Visite des caves et des communs des immeubles
Michel Klein, le Directeur départemental de la sécurité publique du Doubs, ne se ménage pas sur le terrain ©YQ

Avec l’accord des bailleurs sociaux, les policiers ont visité plusieurs caves d’immeuble à la recherche de caches de drogue ou de deux roues volés. Ils étaient accompagnés d’une équipe cynophile avec un berger malinois. Ces chiens à l’odorat particulièrement développé sont formés à la détection des drogues pendant près d’un an et demi (4 mois de formation intensive et une année de formation sur le terrain). Ils sont de fait des auxiliaires de police très affutés.

Des délinquants de plus en plus jeunes

L’âge des personnes interpellées pose souvent problème. C’est le cas du mineur de 17 ans arrêté le 9 septembre. Pour Joël Mathurin et Etienne Manteaux, la solution passe par une alliance objective de tous les partenaires au sein du dispositif de “cité éducative” : famille, école, associations, élus, police et justice. Chez les enfants, le premier signal faible de la délinquance, c’est l’absentéisme scolaire et le décrochage. Les établissements scolaires et les équipes éducatives doivent savoir repérer ces signaux avant le passage à la délinquance. Pour les jeunes adultes de 18 à 25 ans, “la cellule de la seconde chance” est également un moyen pour permettre à ceux qui veulent s’en sortir de trouver des solutions de relogement et d’accompagnement éducatif.

On l’a constaté ce mercredi à Planoise. Le quartier est effectivement en reconquête et le travail des policiers commence à porter ses fruits. La police est là pour garantir la tranquillité publique, elle fait un travail efficace, bien loin des images négatives que certains voudraient véhiculer.

Yves Quemeneur