Planoise zone de non-droit ? Non répond le Procureur de la République

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Planoise
L'enquête avance dans l'incendie de la fourrière de Planoise

Etienne Manteaux, procureur de la République, le commandant Moreau Directeur adjoint de la sécurité publique et Régis Millet, chef de l’antenne de police judiciaire de Besançon tenaient un point presse sur les événements survenus à Planoise depuis le mois de novembre 2019.

L’incendie de la fourrière municipale et ses conséquences dramatiques trouve son origine dans le vol d’une voiture de grosse cylindrée dans la banlieue de Mulhouse le 23 décembre dernier. Le vol déclaré, le véhicule est retrouvé à Besançon le 27 décembre et mis en fourrière. Le 30 décembre, 3 hommes armés se présentent à la fourrière, tentent de dégrader la voiture mais ils s’enfuient sans avoir pu y mettre le feu. Le 31 décembre à 9h39, un homme non cagoulé entre à la fourrière aussitôt suivi de 3 autres individus cagoulés et armés. Ils mettent le feu à la voiture volée et l’incendie se propage très vite. Les pompiers mettront 24 heures à éteindre l’incendie dans une fournaise de 800°. L’enquête est confiée conjointement à l’antenne de police judiciaire et à la sécurité urbaine.

La vidéo-protection, arme fatale contre les malfrats

“L’analyse de la vidéo-protection a été déterminante pour les enquêteurs” précise bien le procureur de la République. Les techniques de police scientifique étaient inopérantes dans un contexte d’incendie qui détruit tous les éléments de preuve. Cette analyse a conduit à l’interpellation de 8 personnes placées en garde à vue dans un premier temps. Seuls deux individus de 18 et 25 ans ont été présentés à la justice ce vendredi 17 janvier. 4 autres personnes connues des services de police sont activement recherchées.

Ce n’est pas un banal incendie

Les individus interpellés et présentés encourent 20 ans de réclusion criminelle pour destruction par incendie en bande organisée, tentative du même crime pour la journée du 30 décembre, vol de véhicule, association de malfaiteurs en lien avec le trafic de stupéfiants. Le procureur de la République le martèle “Nous mettrons toute l’énergie nécessaire à retrouver, arrêter les quatre individus en fuite le plus rapidement possible”. Il s’agit, au-delà, de démanteler des réseaux qui pourrissent la vie d’un quartier où les habitants aspirent à vivre sereinement (voir notre article sur la réunion publique du 15 janvier).

4 fusillades qui auraient pu faire des morts

La lutte des territoires s’intensifie et les délinquants n’ont plus aucune référence du bien et du mal. On défouraille à tout va. “Des actions impulsives et inconséquentes” souligne Etienne Manteaux. Le 20 novembre, un tir blesse grièvement un individu. Le 25 décembre, ce sont trois personnes qui sont blessées puis le 9 janvier et le 10 janvier. “C’est une chance inouïe qu’il n’y ait pas eu de morts alors même qu’une balle a traversé une chambre d’enfant” conclut le procureur. Le parquet a ouvert des enquêtes pour tentatives d’assassinat, passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.

La Police Judiciaire de Besançon est performante. Son taux d’élucidation des crimes et délits est supérieur de 10% à la moyenne nationale. “La vidéo-protection est un outil de prévention et d’interpellations efficace. C’est un simple constat” a précisé le procureur de la République en conclusion.

Yves Quemeneur