“Port-Citadelle” véritable enjeu des municipales à Besançon ?

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"Port-Citadelle" le mariage de la Citadelle et de la rivière

La « fausse querelle » sur le quartier de Vaîtes focalise les oppositions entre les trois concurrents à la mairie de Besançon. Pourtant, un projet autrement plus important pour la métropole bisontine, porté par Ludovic Fagaut, est passé bien inaperçu pendant cette campagne de 3 mois. Son projet “Port-Citadelle” propose d’unir en un seul lieu tous les atouts naturels, patrimoniaux, touristiques et sportifs de Besançon.

Port-Citadelle était en 2014 le symbole du renouveau bisontin porté par l’équipe de Jacques Grosperrin. Imaginée par Christophe Mignot, dirigeant de Digital Surf, une pépite bisontine leader mondial des logiciels de traitement de l’infiniment petit, l’idée semble encore plus d’actualité en 2020 : faire de la boucle du Doubs un cœur battant à l’international, associant l’économie et les filières de demain, l’explosion d’un territoire d’eaux exceptionnel pour tous les sports de plein air et l’extraordinaire richesse culturelle et patrimoniale de Besançon et de sa citadelle.

En économie, on n’attire pas les abeilles avec du vinaigre !

Faire venir à Besançon de nouvelles entreprises créatrices de richesses et d’emplois qualifiés ne passe pas seulement par des incitations fiscales et encore moins par la création d’un « musée des luttes sociales » sur l’ancien site de la Rhodiaceta (NDLR). Les entreprises à forte valeur ajoutée trouvent à Besançon des compétences et des savoir-faire hérités de deux siècles d’innovations et de créations. Elles doivent y trouver un environnement propice à l’épanouissement de leurs collaborateurs. Port-Citadelle répond à ces exigences même si l’objet initial est de marier la Citadelle avec la rivière dans un seul site 3D offrant une visibilité nationale. Pour les commerces, bars et restaurants de la Boucle, l’attrait supplémentaire doit permettre d’irriguer le centre-ville et au-delà tout le bassin d’emploi de Besançon. Les profils pointus (ingénieurs, cadres, techniciens), dont les entreprises et laboratoires de recherche de Besançon ont besoin, peuvent alors y déménager pour trouver une belle qualité de vie.

Besançon est un diamant touristique inexploité.

La Citadelle, imprenable à l’époque de Vauban, demeure imprenable pour les touristes visitant Besançon. Malgré l’inscription de la Citadelle au patrimoine mondial de l’Unesco, le nombre de visiteurs n’a pas augmenté en dix ans. L’accès facilité par l’entrée sud à l’arrière de la Citadelle par une télécabine sans pylônes depuis la Rodia offrirait aux touristes un panorama exceptionnel sur la boucle du Doubs, permettant de transformer la Citadelle en lieu de mémoire et d’histoire de la Franche-Comté. A terme, ce sont au moins 500 000 visiteurs qui devraient fréquenter le site.

Un espace à la gloire de la rivière pour mieux situer Besançon

“Le Doubs est là, omniprésent à la Citadelle” constate Christophe Mignot. En proposant le départ des grands félins du zoo, il imagine un nouvel espace immersif “un temple à la gloire de notre belle rivière” complète cet amoureux de la capitale comtoise qui veut en finir avec la confusion entre Besançon et Briançon. “La Citadelle est le lieu idéal pour un survol de la merveilleuse vallée du Doubs en réalité virtuelle de sa source à sa confluence et la découverte pédagogique de l’histoire du Doubs, comme au temps où le Rhin se jetait dans le Doubs, se rappeler enfin l’origine catastrophique du Saut-du-Doubs ou la découverte fortuite de la résurgence de la Loue” conclut Christophe Mignot.

Besançon capitale du sport de plein air

Port-Citadelle, c’est aussi le sport de haut niveau. Le Sport Nautique Bisontin (SNB) a été créé en 1865. Il est l’un des clubs d’aviron les plus anciens et les plus titrés de France. La rivière est un terrain de jeux trop méconnu. Quelques centaines de mètres en amont de la Rodia, les adeptes du kayak free-style voudraient venir de toute l’Europe pour affronter la vague statique du barrage de la Malate. Et l’Euro-vélo route EV6 relie l’Europe d’Est en Ouest de la Mer Noire à l’Atlantique en passant par Besançon. La télécabine rendrait également accessible depuis la vallée tous les circuits de randonnées pédestres, parcours de trail et de VTT autour des collines bisontines.

Pour Christophe Mignot, “Port-Citadelle” serait le point d’ancrage des sportifs européens, le camp de base de compétitions internationales, comme le “Trail des Forts” dont la notoriété progresse d’année en année.

“Port-Citadelle”, c’est, selon Christophe Mignot, offrir aux Prés-de-Vaux un lieu d’accueil, un parking agrandi et mutualisé avec celui de la Rodia et une halte pour les cyclistes usagers de la vélo route. Il lui reste à convaincre que “Port-Citadelle” peut être le moteur de la ville de demain et un accès au joyau architectural qu’est le cœur de ville de Besançon, en y réduisant la circulation automobile. Certains programmes du premier tour évoquaient même une boucle sans ces milliers de bus à soufflets ! Soufflons à Ludovic Fagaut de s’en inspirer.

Yves Quemeneur