Prévisionnel 2020

Comment vous projeter sur la fin de l’année ?

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En fin d’année dernière, vous avez peut-être bâti avec votre expert-comptable un prévisionnel de l’exercice 2020. On parle aussi de Budget prévisionnel. Il s’agit de vous poser et de prévoir avec lui ce que devrait donner votre activité l’année suivante en termes comptable et financier au regard des données dont vous disposez et de le traduire sous la forme d’un compte de résultat, le cas échéant simplifié. En règle générale, en complément, vous montez un tableau de bord mensuel contenant vos prévisions et sur lequel vous reporterez au fur et à mesure vos réalisations, au moins les données les plus sensibles comme vos ventes (votre chiffre d’affaires) et certaines charges sensibles. Mais cette année, un évènement exceptionnel et qui n’était pas prévisible en fin d’année dernière est venu bousculer vos prévisions : la crise du covid 19.  Il vous oblige à revoir en grande partie votre copie.

Revoir vos prévisions budgétaires 2020

La crise économique engendré par le confinement impactera en effet fortement l’exercice 2020 des entreprises, et cela dans de nombres branches d’activités. Rares sont même les activités qui ne pâtiront pas de ce ralentissement. Il est donc essentiel que vous puissiez vous arrêter quelques heures avec votre expert-comptable pour simuler l’impact qu’aura cette crise et réviser votre prévisionnel 2020. Une révision qui s’appuiera forcément sur votre ressenti d’aujourd’hui, malgré les très nombreuses incertitudes qui demeurent sur la date et la vigueur de la reprise d’activité. Incertitudes qui vous obligeront peut-être à mettre à jour à nouveau à la rentrée de septembre ou en octobre ces prévisions.

Pour mettre en œuvre ce premier révisé, vous devrez procéder à plusieurs ajustements, notamment :

– intégrer à votre prévisionnel et à votre tableau de suivi d’activité 2020 les performances réalisées au cours des premiers mois de l’année, par exemple durant le premier semestre si vous mettez à jour votre tableau de bord en juillet ;

– évaluer le rythme de la reprise de votre activité et donc du redécollage de votre chiffre d’affaires en posant une hypothèse qui se devra d’être la plus réaliste et raisonnable possible. Ainsi, pour certaines activités, la reprise du chiffre d’affaires pourra être rapide, à 90 % voire à 100 % à compter de la date du déconfinement. Pour d’autres, la remontée en puissance sera plus progressive, par exemple à hauteur de 50 % jusqu’à la fin du mois d’août, de 80 % en septembre et octobre puis de 100 % sur les deux derniers mois de l’année.

– ensuite, il vous faudra intégrer au révisé les éventuelles économies engendrées par la mise en place d’un plan d’activité partielle qui vous aura permis d’économiser une partie de votre masse salariale de l’année et qui ne seraient pas comprises dans les performances réalisées du début d’exercice intégrées à votre révisé.

– Dans le même ordre d’idée, un plan d’économies pourra être décidé, qui compensera une partie des pertes de recettes, mais qui ne devra pas obérer vos développements.

Une fois ce travail accompli, vous aurez en mains votre prévisionnel de l’année révisé des conséquences passées et futures de la crise que nous traversons, telles que vous pouvez les prévoir à date. 

Et si cela ne vous suffit pas et que vous souhaitez disposer d’une photographie plus complète et précise de l’impact passé de la crise sur votre activité, vous pourrez demander à votre expert-comptable de procéder à un arrêté intermédiaire de votre activité, au 30 juin ou au 30 septembre par exemple. Cela vous permettra de connaître de façon très prédise le retard que vous aurez à essayer de combler sur la seconde partie de l’année.

Et anticiper vos futurs besoins de trésorerie

Une fois votre prévisionnel et votre tableau de bord mis à jour, ou une situation intermédiaire arrêté, votre expert-comptable pourra décliner vos prévisions en termes de besoins de trésorerie. Et si cela n’a pas encore été fait, ou si vos besoins ont été sous-évalués dans un premier temps, solliciter un PEG, un plan garanti par l’État, auprès de votre banquier, comme vous avez été très nombreux à en souscrire dès les premières semaines du confinement.

Bien entendu, votre expert-comptable est à vos côtés pour vous aider à constituer votre dossier et à mener à bien vos démarches. Il pourra aussi vérifier que tous vos besoins de trésorerie futurs sont bien couverts, y compris en termes de BFR – besoin en fonds de roulement – le besoin de trésorerie finançant votre cycle d’exploitation, notamment le besoin découlant du décalage existant parfois entre la date des règlements clients et celle du paiement des fournisseurs. En effet, dans de nombreux cas, c’est la reprise de l’activité qui générera des besoins de trésorerie !

comment souscrire un PGE

Pour aider les entreprises à traverser la crise, l’État a décidé de lancer le PGE, autrement dit de garantir les prêts souscrits dans ce cadre par les entreprises. Peuvent bénéficier de cette garantie de l’État, jusqu’au 31 décembre prochain, les entreprises de toutes tailles, quelle que soit leur forme juridique. Et ces prêts peuvent représenter jusqu’à 3 mois de chiffre d’affaires. Quant au remboursement, il sera différé d’un an et la durée du remboursement pourra aller de 1 à 5 ans. 

En pratique, pour obtenir un prêt garanti par l’État, vous devrez : 

– effectuer une demande de prêt auprès d’une banque ; 

– obtenir le pré-accord de la banque ; 

– transmettre à Bpifrance, via sa plateforme (attestation-pge.bpifrance.fr), votre SIREN, le montant du prêt et le nom de l’agence bancaire pour obtenir en retour une attestation ; 

– communiquer cette attestation à la banque qui, une fois qu’elle l’aura confirmée, vous versera le prêt.

Laurent David