Promenade dans la nature comtoise avec le conservatoire national botanique de Franche-Comté (2)

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Cette semaine deux nouvelles plantes qui font partie des espèces en danger. Les identifier en se promenant, ne pas les piétiner, c’est aussi les protéger et protéger notre biodiversité.

Un dinosaure ? Non, une fougère
Une simple fougère si fragile – photo Gaëlle Nauche

De son nom savant “Dryopteris cristata”, et malgré un nom qui évoque plutôt un dinosaure, il s’agit d’une simple fougère d’aspect assez banal, difficile à différencier de sa famille comme le dryoptéris de la Chartreuse ou le dryoptéris dilaté.

Concentrée dans le Bassin parisien et les Hauts-de-France, elle était encore connue dans le Doubs et le Jura jusqu’à leur disparition du fait de la destruction directe de leurs habitats. Il ne subsiste donc à l’heure actuelle qu’une seule localité en Haute-Saône, dans un bois tourbeux du Pays d’Héricourt. Sa situation reste précaire malgré des effectifs relativement importants. Le drainage et la sylviculture intensive sont les principales causes de sa régression. Dans le Jura, la tempête de 1999 a couché de nombreux arbres remettant en lumière cette fragile fougère.

Une fragrance subtile
L’orchis très odorant ou “Gymnadenia odoratissima” – photo Christophe Hennequin

L’orchis très odorant connu par les scientifiques sous le nom de “Gymnadenia odoratissima” est une petite orchidée à fleurs rose pâle très parfumées. Elle ressemble à la très commune “orchis moustique” que l’on observe facilement sur les sols secs et les talus routiers dans une grande partie de la Franche-Comté. L’orchis très odorant est de taille plus réduite, y compris celle de ses fleurs.

Elle est présente dans une grande partie de la France sur les sols calcaires, donc absente du Massif armoricain ou du Massif central. Elle est malgré tout sur la liste rouge des espèces menacées du fait d’une très forte régression sur les zones de basse altitude. En Franche-Comté, elle est rarissime en plaine et très menacée en particulier dans le Doubs où elle n’est plus présente que dans quelques secteurs de la vallée du Lison, du Pays de Montbéliard et des Gorges du Doubs.

C’est encore la plantation d’arbres, le drainage et le remblaiement qui sont de véritables menaces pour l’avenir de cette petite orchidée.

Yves Quemeneur avec l’aimable collaboration des scientifiques du conservatoire botanique national de Franche-Comté

www.cnbfc-ori.org