Promenade dans la nature comtoise avec le Conservatoire national botanique de Franche-Comté

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Chaque semaine, avec le Conservatoire botanique national de Franche-Comté – Observatoire régional des Invertébrés, on retrouve la liste rouge des espèces menacées. Cette semaine, nous allons à la rencontre de l’ail anguleux et de la grande Douve.

L’ail anguleux…Aïe danger !
L’ail anguleux ou “allium angulosum” © Pascal Collin

De son nom scientifique “Allium angulosum”, on ne trouve pas en cuisine cette cousine de l’ail des ours, de l’ail cultivé ou de la ciboulette. D’une hauteur de 30 à 60 cm, elle tient son nom de la forme de sa tige et la base des feuilles légèrement anguleuses et s’exprime avec de jolies fleurs pourpres groupées en ombrelle. Cette espèce, en forte régression au niveau national, est liée aux prairies inondées des bords de rivières. En Franche-Comté, on la trouve uniquement sur le territoire du Grand Besançon, au cœur d’une prairie humide du marais de Saône. Elle s’y développe depuis le XIXème siècle. Le syndicat mixte du Marais de Saône travaille activement à la préservation de l’espèce, considérée « en danger » au plan national. En dehors de la Franche-Comté, on la trouve encore dans les bassins du Rhin et de la Seine et dans les vallées de la Saône et du Rhône. Afin de protéger cette plante, il est important de préserver des conditions hydrologiques adéquates en évitant le drainage et en limitant la fertilisation des sols.

La grande douve : La tête au soleil et les pieds dans l’eau…
La grande Douve ou “ranunculus lingua” photographiée dans le marais de Saône © Pascal Collin

De son nom scientifique “Ranunculus lingua” elle ne passe pas inaperçue une fois fleurie. Cette belle renoncule, qui peut atteindre un mètre de haut, a de grandes fleurs jaune vif pourvues de petits poils. Ses feuilles très longues se rétrécissent brusquement à leur sommet pour former une pointe. Elle a besoin de beaucoup de soleil et de sols humides comme les bordures de plans d’eau, les rivières, les marécages et les tourbières. Vulnérable au plan national où elle est répartie de façon très disséminée, on la trouve en Franche-Comté aux abords des lacs de montagne du Jura, dans le bassin du Drugeon, autour du lac Saint-Point et plus localisée à Morre dans le marais de Saône. Elle est présente ponctuellement en Haute-Saône dans le dôme sous-vosgien et dans le Jura bressan à proximité des étangs ou en basse vallée du Doubs, à Petit-Noir.

Comme la plupart des plantes des zones humides, la grande douve est menacée par la destruction de son habitat naturel, soumis à de nombreuses menaces (modifications du régime hydraulique causées par le drainage, baisse de la qualité de l’eau…). L’enfrichement par les saules et l’apparition d’espèces exotiques envahissantes lui sont très préjudiciables car elle régresse rapidement si la luminosité ne lui est plus suffisante. La conservation de ses biotopes reste donc une priorité pour assurer la survie de la grande douve en Franche-Comté.

Yves Quemeneur avec l’aimable collaboration des scientifiques du conservatoire botanique national de Franche-Comté

www.cnbfc-ori.org