Quand l’un des partenaires est malade

La maladie au sein couple est un sujet rarement traité et pourtant assez courant. On connaît tous dans son entourage plus ou moins proche, un couple touché par la maladie que ce soit une maladie incurable comme une maladie chronique. Comment, en tant qu'accompagnant, être le/la plus présent/e possible sans pour autant mettre sa vie entre parenthèse ? Comment, en tant que conjoint/e malade, ne pas se définir uniquement par la maladie ?

46

Le/la partenaire malade.

On remarque souvent, chez les personnes malades, différents sentiments, en général, négatifs.

La maladie est fréquemment vécue comme une forme d’injustice pour la personne touchée : pourquoi ça me tombe dessus ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?

Cette injustice est difficile à accepter et peut parfois amener à un sentiment de frustration que vous ferez ressentir à votre conjoint/e puisque c’est la personne la plus présente à vos côtés.

Il est d’ailleurs très important de pouvoir compter sur votre partenaire mais aussi sur tout votre entourage, toutes les personnes en qui vous avez confiance. 

En effet, votre amoureux/se, seul/e, n’est pas forcément toujours capable de porter votre détresse, votre souffrance, votre colère, votre frustration… Entourez-vous d’un groupe solide, qui pourra prendre le relais en cas de besoin.

Vous avez le droit d’être en colère, fatigué/e… mais essayez, au maximum de ne pas remettre ça sur les épaules d’une seule et même personne.

La maladie peut aussi amener la personne touchée à devenir capricieuse et à ne plus se rendre compte de ses exigences vis à vis de son entourage.

Essayez au maximum d’être vigilant/e et de ne pas tomber dans ce travers qui n’apporte rien de positif au couple.

Il est aussi probable que le/la partenaire malade se considère comme un poids pour son amoureux/se et décide de ne pas tout dire, voire de cacher la maladie dans le but de préserver l’autre. 

Au contraire, lors de l’annonce de la maladie, vous aurez besoin de soutien, de savoir que vous n’êtes pas seul/e face à cette épreuve. Dialoguez, parlez-vous, expliquez à votre moitié ce que vous ressentez, vos craintes, vos attentes. Et acceptez également d’entendre les peurs et les questionnements de votre conjoint/e.

Le/la conjoint/e accompagnant/e.

Il est très courant de prendre des nouvelles de la personne malade et l’on a tendance à oublier le/la partenaire présent/e à ses cotés. Et pourtant, lui/elle aussi a besoin de soutien et de présence.

En effet, la maladie du/de la conjoint/e empêche celui/celle-ci à être pleinement à l’écoute.

En tant qu’accompagnant/e, il est fréquent de vous sentir dans obligation d’être présent en permanence pour votre partenaire, comme si cela devenait votre mission.

Mais vous avez aussi votre vie à vivre. Vous avez le droit de dire stop et de prendre des moments pour vous, afin de prendre du recul vis à vis du poids de la maladie.

Dans votre rôle d’aidant/e, mais avant tout, de conjoint/e, vous êtes aussi touché/e (indirectement) par la maladie car vous la subissez sans la vivre complètement, ce qui peut parfois amener à la sensation d’être inutile, impuissant/e et de ne pas savoir apporter les réponses et le réconfort attendus.

Il est alors important de trouver un juste équilibre entre votre vie de couple et votre vie personnelle. 

Encore plus dans le cas d’une maladie incurable, où vous savez que votre conjoint/e est condamné/e.

Essayez au maximum de garder en tête les moments de plaisir, les émotions positives que vous vivrez dans une journée. Car, oui, vous avez le droit de continuer à vivre et à ressentir du positif, malgré la maladie de votre partenaire. Ce n’est pas parce que vous prendrez quelques instants de détente que vous aimerez moins votre conjoint/e.

La maladie a un impact certain tant sur la vie de couple que pour chacun des membres de ce couple.

Profitez de chaque instant sans oublier de continuer à voir l’avenir ensemble.

Continuez à vous parler et à vous écouter. Soyez présent/e l’un pour l’autre sans pour autant être étouffant/e. Et prenez soin de vous-même, que vous soyez malade ou conjoint/e aidant/e.

Charlotte Pelloud, Psychologue clinicienne