Quand se chauffer coûte trop cher

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Pour un tiers des Francs-Comtois, se chauffer devient un luxe.

Ce sont des chiffres inquiétants que vient de nous faire parvenir l’INSEE, après une vaste enquête menée en 2015.

L’INSEE a mené l’enquête auprès des ménages de la région afin de déterminer le coût engendré par le chauffage sur une année. Et les résultats sont édifiants : un quart des ménages ne peuvent se chauffer correctement, faute de moyens.
Les raisons sont multiples. A commencer par le climat de la région. La Bourgogne Franche Comté est l’une des régions les plus froides de France et par conséquent, ses habitants sont menés à se chauffer davantage. Un autre aspect est la composition du ménage. Bien souvent, ce sont les personnes seules qui ne peuvent survenir correctement à leurs besoins en énergie. Ces personnes font généralement partie du troisième âge et doivent faire le choix de moins se chauffer pour des raisons budgétaires. Il en va de même pour les familles monoparentales. Ce sont tout naturellement les ménages les plus pauvres, vivant sous le seuil de pauvreté, qui grèvent leur budget chauffage de façon drastique. Près de 70% de ces ménages sont en situation de vulnérabilité énergétique.
La taille et la vétusté du logement sont eux-aussi pointés du doigt. Notre région compte le plus de logements anciens par rapport au reste du territoire. Ces logements, construits avant 1946, comptent pour plus d’un tiers du parc régional et souffrent de problèmes d’isolation. Ainsi, en moyenne, et à titre comparatif, les ménages déboursent environ 2100€ par an pour se chauffer, contre 1380€ pour les maisons construites après 2000.
Le mode de chauffage est lui-aussi dans la ligne de mire. Le fioul est l’énergie la plus chère de marché et vulnérabilise 35% des ménages ayant recours à lui, contre 15% des ménages utilisant le gaz de ville. Enfin, l’éloignement des agglomérations constitue un élément supplémentaire en faveur de la vulnérabilité énergétique tandis que les personnes vivant dans des bâtiments collectifs sont les moins touchées.