Quatrième édition de la Dictée de « Livres dans la Boucle »

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Les trois lauréats de la dictée de "Livres dans la Boucle" entourent Estelle-Sarah Bulle qui avait inventé un texte empli de "chausse-trapes" - photo GBM

Samedi 18 septembre à 14h, ils étaient une centaine dans le grand amphithéâtre de la Maison des Sciences, de l’Homme et de l’Environnement (MSHE) Place Saint Jacques, fébriles devant la feuille blanche.

« J’ai pris un extrait de Victor Hugo et je l’ai un peu customisé » avait dit Daniel Picouly lors de la première édition en 2018. En choisissant « L’homme qui rit », l’auteur voulait rendre hommage au génie littéraire natif de Besançon. En 2019, Sorj Chalandon avait concocté un texte ardu « Citadelle m’était conté » empruntant de nombreuses références à l’architecture guerrière de Vauban. 2020, Carole Martinez avait mélangé dans sa marmite une ratatouille de mots, contant avec délectation l’art de la langue française. Cette année, Estelle-Sarah Bulle s’est essayé à l’exercice périlleux de la dictée de « Livres dans la Boucle » devenue un rendez-vous de passionnés ou de simple amoureux du français.

Avec le « Bal des chausse-trapes », la romancière qui présente son second roman « Les étoiles les plus filantes » (Liana Levi), une fiction étonnante autour du film culte Orfeu Negro, a imaginé un texte autour d’une soirée consacrée à la danse. Originaire de Guadeloupe, Estelle-Sarah Bulle a abreuvé les candidats de « schrub vanillé » et de « ti-punchs trempés de chérimole » sous le ciel étoilé de « la constellation de Céphée ». Beaucoup ont découvert « le philtrum », cette fossette que nous possédons au centre de la lèvre supérieure. Les pièges étaient nombreux et même les amateurs éclairés y sont tombés.

L’an dernier, les meilleures copies rendaient 3 et 5 fautes. Cette année, les gagants sont Michel Haag avec 10 fautes, Joëlle Caillaux (11 fautes) et Olivier Monnin (15 fautes). Au-delà, on ne compte même plus sauf le plaisir d’affronter l’extraordinaire richesse de la langue française !

Nul besoin de simplifier l’orthographe ou d’inventer l’imbécillité de l’écriture inclusive. La langue française suffit au génie universaliste français. Vouloir la simplifier ou lui « coller » des anglicismes à chaque phrase, c’est nier un millénaire d’une civilisation ouverte au monde.

Yves Quemeneur