Quelle agriculture demain avec le changement climatique ?

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un public nombreux et attentif était présent.

Le collectif InPACT 25 (Initiatives pour une Agriculture Citoyenne et Territoriale) organisait ces derniers jours à Orchamps-Vennes une conférence débat autour de cette question devenue anxiogène pour les agriculteurs.

Les intervenants ont d’abord rappelé ce qu’était l’effet de serre, à l’origine du dérèglement climatique actuel, causé par l’accumulation dans l’atmosphère de CO2, de CH4 et de N2O, émis par les activités humaines, en particulier l’utilisation d’énergies fossiles. La concentration en CO2 dans l’atmosphère dépasse désormais 400 ppm, un niveau jamais atteint au cours des 800000 dernières années.

Le changement climatique est déjà mesurable en Franche Comté, avec une augmentation de la température moyenne annuelle de l’ordre de +0,3°C par décennie, une réduction du nombre de jours de gel et un déficit hydrique estival plus marqué principalement dû à une augmentation de l’évapotranspiration. L’agriculture est d’ores et déjà impactée, avec notamment une modification de la saisonnalité de la production d’herbe (pic de production au printemps et à l’automne et faible production en été).

Les systèmes agricoles devront à la fois s’adapter à une tendance de fond, réduire leur vulnérabilité à la variabilité inter-annuelle croissante et résister à des événements extrêmes plus fréquents et plus intenses (stress hydrique, stress thermique, fortes pluies, etc.). L’agriculture est par ailleurs émettrice de gaz à effet de serre et devra contribuer à l’effort général d’atténuation.

La stratégie nationale bas carbone fixe aux secteurs agricoles et forestiers un objectif de réduction de 46% des émissions de gaz à effet de serre en 2050 par rapport à 2015, et un doublement des puits de CO2 (afforestation, pratiques agricoles favorables au stockage de carbone). La maîtrise du cycle de l’azote, la protection et l’augmentation des stocks de carbone dans les compartiments à temps de résidence long (sols, biomasse ligneuse) et la production d’énergie renouvelable sont trois leviers majeurs par lesquels l’agriculture peut contribuer à l’atténuation. Les solutions combinant les objectifs d’adaptation et d’atténuation sont à imaginer et à co-construire avec les acteurs, en fonction du contexte local.

L’amélioration des pratiques chez les producteurs doit être accompagnée d’une évolution des habitudes alimentaires des consommateurs à savoir réduire le gaspillage, privilégier les produits de saison, les produits locaux, réduire la consommation de viande…