Résultats du baccalauréat 2021 dans l’Académie de Besançon

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Le baccalauréat a été longtemps considéré comme un rite de passage entre l’adolescence et l’âge adulte, comme l’était le certificat d’études primaires qui coïncidait avec la fin de l’école primaire. Ces rites de passage, au même titre que la période du service militaire pour les garçons ou la communion solennelle pour les filles marquaient clairement une barrière entre l’enfance et l’âge adulte. Ces barrières ont disparu et le baccalauréat lui-même n’a plus les valeurs qu’il portait depuis le début du XXème siècle : la récompense de l’effort et du travail et l’égalité de tous les jeunes citoyens avec un examen national identique que l’on soit au lycée Fénelon à Paris, au lycée Bourdan à Guéret ou au lycée Pasteur à Besançon.

Certains « bachotaient » pendant des mois avant la date fatidique, d’autres faisaient des « impasses » comme à la loterie. Peu finalement y voyaient le terme d’un travail assidu depuis l’école primaire. Ceux-là ou celles-là avaient accumulé assez de connaissances générales pour orienter leurs études supérieures avec de bonnes chances de réussite.

« Bacca laurea »

Étymologiquement, le baccalauréat tire son origine de « bacca laurea » qui signifie couronne de laurier. On dit aussi que le mot est issu de l’altération de l’ancien français « bacheler » (que l’on retrouve en anglais par « bachelor »). Pendant longtemps, les étudiants passaient leur « bachot ». Cette expression fait-elle référence à des barques à fond plat permettant de passer de la rive à l’autre d’une rivière (comme on passe de l’enfance à l’âge adulte) ?

Les résultats du bac, c’était un matin d’été sous les grands préaux de lycées : des rires nerveux, des pleurs, des amis que l’on félicite, d’autres que l’on console, des « je ne vois pas mon nom » ou « tu l’auras au rattrapage ». Le symbole fort a disparu.

En 1980, 26% d’une classe d’âge obtenait son bac ; en 2015, elle était de 77%. Le taux de réussite, lui aussi, n’a cessé de progresser. Entre 1967 et 2021, il a augmenté de près de 30% si l’on excepte l’année 1968 dont les événements de mai avaient bouleversé l’organisation de l’examen (81,3% de réussite cette année-là). Le bond est considérable puisqu’il avoisine dorénavant 95%.

L’Académie de Besançon ne déroge pas à la règle

Pour la session 2021, le taux de réussite fourni par le Rectorat, toutes séries confondues, s’élève à 93,9%. Il est en baisse toutefois de 1,8 points par rapport à 2020. La crise sanitaire a bien sûr impacté les résultats sur les deux années.

Le baccalauréat général atteint des sommets avec 97% d’élèves admis tandis que le baccalauréat professionnel (plus exigeant ?) n’admet que 87,2%. Le Territoire de Belfort présente le meilleur taux à 98,2% devant le Jura à 97,9%. Le Doubs et la Haute-Saône sont à peine en deçà, respectivement à 96,4% et 96,5%.

Le baccalauréat technologique marque un taux de réussite élevé dans les séries à dominante industrielle (logique dans une région fortement industrialisée). Il est de 98,2% pour la série (STL) Sciences et Technologies de Laboratoire et 94,9% pour les Sciences et Technologies de l’Industrie et du Développement Durable (STI2D).

Dans les séries tertiaires, les taux de réussite atteignent 96,7% dans le secteur de la Santé et du Social (ST2S) et de 94,8% dans le management et la gestion (STMG).

Et si le baccalauréat professionnel était finalement la seule passerelle solide vers les études supérieures ? Plus exigeantes, les épreuves sont aussi plus sélectives. Le taux de réussite au bac professionnel s’établit à 87,2% en diminution de 4,9 points.

Sans tomber dans le « c’était mieux avant » qui n’a pas de sens…on peut raisonnablement poser la question de la légitimité d’un diplôme qui a perdu sa valeur et conduit de nombreux étudiants dans des impasses universitaires.

Yves Quemeneur

Statistiques publiées par le rectorat de l’Académie de Besançon – 10 juillet 2021