Retour à la nature pour huit Ibis de la Citadelle de Besançon

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8 Ibis chauves vont partir en Andalousie pour être réintroduits dans leur milieu naturel © Jacky Renard

Lundi 1er février, huit Ibis chauves partiront de la Citadelle de Besançon en direction de l’Andalousie. Ils seront accompagnés de jeunes oiseaux nés au zoo de Mulhouse et à celui de Gaïa aux Pays-Bas.

Réintroduire cet oiseau classé « en danger critique d’extinction » dans son habitat naturel est un programme porté par l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

Longue histoire des Ibis à la Citadelle de Besançon

Introduits en 1998, ces ibis s’y reproduisent depuis 2000. 14 jeunes oiseaux sont nés à Besançon en 2019 et 2020, dans le cadre d’un programme d’élevage européen. Cet élevage offre la possibilité de relâcher de nouvelles colonies préservant ainsi l’existence de l’espèce dans son milieu naturel.

L’Ibis chauve était présent originellement sur tout le pourtour méditerranéen. Au début du XXème siècle, quelques colonies persistaient au Moyen-Orient et au Maroc. Il y a 20 ans, ces oiseaux ne survivaient plus qu’au Maroc et l’espèce était en voie d’extinction totale.

Le projet « Proyecto Eremita »

C’est en juillet 2003 que le ministère de l’environnement d’Andalousie (Sud de l’Espagne) lance le « projet Ibis chauve » dont l’objectif est de créer et fixer une nouvelle colonie d’Ibis chauves à partir d’oiseaux nés dans différents zoos européens. C’est le parc zoologique de Jerez qui gère cette nouvelle introduction. Progressivement, les premiers Ibis sont relâchés à partir de 2004. Depuis 2003, ce sont plus de 400 oiseaux qui ont été réintroduits dans leur milieu naturel, établissant ainsi une population viable.

En soutien à ce projet, la Citadelle de Besançon a offert en 2020 deux balises GPS pour le suivi des oiseaux et à contribué à la réalisation d’une BD. Les huit Ibis de la Citadelle seront acclimatés par l’équipe du zoo de Jerez, dans une grande volière pendant un mois, avant de les laisser s’envoler et retrouver des Ibis sauvages pour apprendre à survivre dans la nature.

Il restera quelques Ibis chauves dans les volières de la Citadelle de Besançon. Quant au devenir du parc animalier de Besançon, est-il aussi en voie d’extinction ?

Yves Quemeneur