Risque zéro

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Certains experts en communication sont les premiers à venir nous affirmer que « le risque zéro n’existe pas ».

D’un point de vue sémantique ou philosophique peut-être, mais ce qui est sûr c’est qu’en restant chez eux, plutôt qu’en retournant dans des classes où le protocole sanitaire n’est que difficilement applicable, sinon impossible à respecter (à moins de pousser les murs ?), les écoliers, collégiens et lycéens s’épargneraient pourtant de tout risque de contamination du Covid-19… et de potentielle transmission à l’ensemble de leur famille.

Faisant ainsi retomber à zéro, le risque d’envoyer, au mieux en réanimation, au pire au cimetière, un membre de la famille dit justement « à risque(s) »  qui serait alors frappé de « comorbidité » en cas de contraction du virus.

Qui a eu cette idée folle de réinstaurer l’école obligatoire et « selon les règles de présence normale »  à une dizaine de jours des grandes vacances ?

Comment être sûr que nos enfants pourront réapprendre dans des conditions (sanitaires) convenables ?

Et que penser de cet allègement de la procédure qui imposait jusqu’alors une distanciation de 4 m² entre chaque élève, mais vient soudainement de se réduire à 1, grâce à un coup de baguette magique ministérielle ?

Surtout qu’avec un peu de bon sens et d’honnêteté intellectuelle, tous les enseignants reconnaissent qu’il sera formellement impossible de faire respecter en permanence la distanciation, notamment pendant la récréation ou les temps périscolaires…

La récente fermeture de l’école de Baverans, décidée via la Préfecture, en concertation avec l’inspecteur d’académie du Jura et l’agence régionale de santé, suite à la confirmation d’un test
positif d’un personnel de l’école maternelle a également de quoi interroger.

Alors que risqueraient les parents qui ne remettraient pas leur enfant à l’école à partir de ce lundi 22 juin ?

« Les parents ne risquent absolument rien », a assuré à LCI
Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges (SNALC).

« Les directeurs ne vont pas faire la chasse aux parents, ils ne perdront pas leur temps à noter les élèves absents et leur coller un conseil de discipline. Au mieux ils appelleront les parents le premier jour de l’absence, ces derniers trouveront une bonne excuse, et ça s’arrêtera là ».

Claire Krepper, secrétaire nationale du Syndicat des enseignants de l’UNSA, a quant à elle déclaré : « On imagine difficilement un signalement des familles concernées et des sanctions dans un contexte sanitaire anxiogène. Il se passera comme toutes les années avant les vacances lorsque les élèves ne viennent pas alors que leur présence est obligatoire : rien. »

Raymond Devos nous l’expliquait déjà il y a des décennies :

« Une fois rien… C’est rien ! Deux fois rien… Ce n’est pas beaucoup ! Mais trois fois rien… Pour trois fois rien, on peut déjà acheter quelque chose ! Et pour pas cher !

Maintenant, si vous multipliez trois fois rien par trois fois rien : rien multiplié par rien = rien. Trois multiplié par trois = neuf. Ça fait : rien de neuf ! »

Comme quoi finalement, le risque zéro, ce n’est pas rien…

Cyril Kempfer