Secteur automobile : un plan d’aide à la rescousse

L'industrie automobile est l'un des secteurs les plus touchés par la crise sanitaire qui s'est abattue sur la planète. Comptant deux acteurs majeurs, Renault et PSA, la France ne pouvait laisser ses fleurons seuls face à la tempête. Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé un vaste plan de relance. Présentation.

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Les chiffres donnent le vertige. Alors que le coronavirus se répandait dans le monde, les ventes de voitures, elles, s’écroulaient. Une baisse de 72 % en mars, de 80 % en avril et de 50 % en mai. Il n’en fallait pas plus pour mettre les constructeurs à genoux. Face à l’ampleur de la crise, le risque de fermeture est en effet important. La France, qui est l’un des grands pays constructeurs avec deux géants mondiaux que sont Renault et PSA, ne pouvait rester sans réagir. Les enjeux économiques et sociaux sont colossaux. Si l’on élargit aux emplois indirects, l’activité représente plus de 2 millions de postes en France et près de 14 millions en Europe. Face à ce risque, le président de la République, Emmanuel Macron, a présenté un vaste plan de relance de 8 milliards d’euros.

Plein feu sur le véhicule électrique

Le chef de l’État est parti d’un constat simple : « plus de 400 000 véhicules sur le marché français auraient dû être vendus et ne l’ont pas été durant les dernières semaines ». L’objectif est aujourd’hui de relancer la machine. Or, l’automobile est appelée à se transformer en profondeur pour être à la hauteur des enjeux écologiques. C’est donc sur le véhicule électrique, malgré les réserves qu’une telle stratégie peut soulever, qu’a été mis le premier accent. Ainsi, le bonus à l’achat d’une voiture 100 % électrique s’élève désormais à 7 000 €, contre 6 000 € maximum auparavant pour un véhicule de moins de 45 000 €. Le bonus devrait passer de 3 000 € à 5 000 € pour les entreprises. Les véhicules hybrides rechargeables retrouvent également le bonus, de l’ordre de 2 000 €.
Le président de la République veut faire de la France « la première nation productrice de véhicules propres en Europe ». Emmanuel Macron souhaite que d’ici cinq ans, plus d’un million de véhicules électrifiés soient produits chaque année dans l’Hexagone. En parallèle, le déploiement du réseau de recharge va s’accélérer – les copropriétés, par exemple, seront aidées dans l’installation de bornes. L’objectif des 100 000 bornes fixé à 2022 a été avancé à 2021.

Des investissements sous condition

Pour accélérer cette transition, le gouvernement prévoit la création d’un fonds d’investissement de près d’un milliard d’euros. Environ 200 millions iront aux équipementiers et aux sous-traitants pour les accompagner dans leur montée en gamme. L’objectif est de moderniser les chaînes de production et d’encourager la numérisation ainsi que l’innovation écologique. Près de 600 millions d’euros permettront d’intervenir en fonds propres pour aider les entreprises en difficulté. Les deux grands constructeurs y participeront à hauteur de 100 millions chacun. Enfin, 150 millions seront alloués à la recherche sur le véhicule du futur. En échange, les constructeurs et les entreprises doivent prendre des engagements pour relocaliser.

La prime à la casse élargie

Dernier grand volet de ce vaste plan, le dispositif de la prime à la conversion, plus connu sous le nom de prime à la casse, est renforcé. Il concerne, depuis le 1er juin, les foyers qui ont un revenu fiscal de référence inférieur à 18 000 €, soit près de 75 % des Français. « Un particulier qui met au rebut son véhicule polluant diesel ou essence pour un véhicule plus propre, neuf ou d’occasion sera aidé à hauteur de 3 000 € par l’État, et même 5 000 € s’il s’agit d’un véhicule électrique ». L’objectif ? Inciter les particuliers à acheter des voitures neuves et ainsi relancer les ventes. Il en va de l’avenir de l’industrie automobile française.