Sept suspects dans la mort d’Houcine Hakkar sous les verrous

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Etienne Manteaux le Procureur de la République de Besançon entouré des services de police et de police judiciaire lors de la conférence de presse mettant un terme à 15 mois d'enquête sur le meurtre d'Houcine Hakkar ©YQ

Pour le Procureur Etienne Manteaux, l’enquête exceptionnelle menée par l’antenne de police judiciaire de Besançon sous l’autorité du commandant Patrick Le Barre aboutit aujourd’hui au démantèlement du « clan de la rue de Picardie ».

« On tue, ça va les calmer »

L’enquête a été difficile selon le Procureur de la République. « Nous n’avions que peu d’éléments objectifs pour mettre en cause les individus ». Etienne Manteaux souligne la persévérance du chef d’enquête et de son équipe qui n’ont jamais rien lâché.

Il aura fallu « un rebondissement inattendu » dans une enquête diligenté par la PJ de Lille sur des soupçons de trafic de drogue entre le nord de la France, la Belgique et la Hollande. Cette enquête a permis de décrypter des milliers de téléphones portables protégés par un logiciel de cryptage très sophistiqué utilisé par les délinquants. 18 mois de conversations ont été analysés et parmi celles-ci des messages vocaux des sept jeunes bisontins âgés de 21 à 28 ans, impliqués dans le meurtre de Houcine Hakkar.

Parmi les conversations des jeunes mis en cause, Etienne Manteaux en cite quelques-unes « non équivoques » : « on les a tamponnés, tamponnés, tamponnés…puis la balle dans la tête », « les deux avec la Mégane grise, on va les tuer » ou encore « tout Besac va être à nous » (en référence à l’ennemi « le clan de la tour »).

Le jeune mécanicien de 22 ans était dans la mauvaise voiture, au mauvais moment

La course-poursuite depuis Planoise jusqu’à l’avenue Siffert aura été fatale à ce jeune garçon. 26 impacts de balles ont été relevés sur le véhicule qui se dirigeait alors vers le commissariat pour se protéger. Les meurtriers ont en fait confondu deux voitures de couleur identique. La volonté de tuer était évidente : « la balle dans la tête tirée à bout portant avait été trafiquée pour occasionner les dégâts fatals ». Les enquêteurs n’ont toujours pas retrouvé l’arme du crime, un fusil-mitrailleur HK MP5 pouvant tirer 400 coups/minute.

7 individus clairement identifiés

Six ont été mis en examen ce vendredi 21 mai et incarcérés pour « meurtre en bande organisée ». Les sept individus encourent une peine de réclusion criminelle à perpétuité. La septième personne avait été interpellée en février en Espagne, soupçonné dans une autre affaire de tirs à Planoise. Une nouvelle procédure d’extradition va rapidement permettre de le mettre en examen et l’incarcérer.

Règlements de comptes entre le « clan de la rue de Picardie » et le « clan de la tour » sur fond de trafic de stupéfiants. Les têtes du réseau ont été « décapitées » par l’enquête. On peut espérer que cet excellent travail de la police judiciaire de Besançon va rendre le calme au quartier de Planoise.

Yves Quemeneur