Serge Delrieu, Sous-Préfet

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Serge Delrieu est en poste dans le Haut-Doubs depuis tout juste un an.

Arrivé en poste à Pontarlier depuis un an, le Sous-Préfet Serge Delrieu dresse un état des lieux de la situation dans l’arrondissement après des mois de crises sanitaire et économique. Des sujets importants qui n’excluent pas pour autant d’autres dossiers que le représentant de L’État n’oublie pas.

 

Monsieur le Sous-Préfet, comment analysez-vous la situation sanitaire alors que l’école vient de reprendre dans notre zone ?

Les derniers chiffres de l’ARS nous ont montré une stabilité, voire une décélération, depuis début janvier des hospitalisations comme du nombre de personnes en réanimation. La réalité est la même pour les taux d’incidence, y compris pour les plus de 65 ans. La situation est donc globalement meilleure qu’en début d’année, mais je tempère cet optimisme car l’amélioration semble marquer le pas depuis quelques jours. J’en conclus que les mesures mises en place comme le couvre-feu ont été payantes, mais aussi que rien n’est encore gagné et qu’il faut poursuivre nos efforts. Le mois de mars sera notamment décisif avec le risque de voir le variant anglais, qui représente aujourd’hui chez nous 25% des cas, prendre le dessus.

 

D’autres mesures restrictives sont-elles à prévoir ?

Pour le moment, nous poursuivons en maintenant le couvre-feu à 18 h. La rentrée des classes s’est faite et les enfants ont donc repris le chemin de l’école en respectant un protocole strict. Des séquençages réguliers sont effectués pour suivre l’évolution de l’épidémie. Il convient de continuer à être vigilant et de faire preuve de responsabilité pour obtenir de bons résultats et voir l’épidémie reculer.

 

Avec en ligne de mire l’espoir de la vaccination…pourtant tout ne se passe pas au mieux à ce niveau-là ?

… Un espoir immense et justifié ! La science a réalisé des prouesses, c’est l’industrie qui a du mal à suivre. Au début de cette campagne, la situation sanitaire étant très mauvaise dans la région, nous avons reçu une dotation importante mais qui a été réduite en février pour restaurer un équilibre avec le reste du territoire. On a donc dû ajuster les rendez-vous en février, tout en assurant les secondes injections des primo-vaccinés. Mais je tiens à souligner que ce début de campagne a été bon et que nous recevons de nouveau des doses en nombre, de quoi alimenter nos centres de vaccination et les médecins de villes qui se sont portés volontaires. L’objectif est de terminer au plus vite la vaccination de la tranche d’âge des plus de 75 ans pour passer aux 65/75 ans. Nous allons même mettre en place des centres éphémères pour accélérer le processus, notamment au sud de l’arrondissement de Pontarlier afin d’éviter de trop longs déplacements aux habitants.

 

Que pensez-vous des interrogations sur les différentes marques de vaccins ?

Jusqu’à présent, le Haut-Doubs disposait des vaccins Pfizer et Moderna, deux marques qui vont  continuer de nous être livrées dans les centres. Les médecins proposeront, eux, le vaccin AtraZeneca qui est également très efficace. Je fais juste une parenthèse sur les effets secondaires évoqués de ce dernier qui n’ont rien d’alarmant. Seuls quelques cas de maux de têtes semblent à noter chez des personnes jeunes, faciles à éviter avec une simple prise de paracétamol en amont. Je précise aussi que, même si on ne peut pas choisir la marque de son vaccin, tout le monde reste en droit, in fine, de refuser une injection.

Cette crise est également économique : quelle est la situation ?

Il faut reconnaître que la puissance publique a apporté une réponse inédite avec des moyens considérables. C’est, je crois, sans précédent à une telle échelle dans notre histoire. Des secteurs d’activités ont beaucoup souffert. Je pense notamment à l’hébergement et à la restauration mais aussi au commerce de proximité. Mais l’optimisme est de rigueur pour l’industrie, déjà revenue à un taux d’activité normal, et pour la construction dont les perspectives sont favorables, grâce notamment à la commande publique. L’État a en effet renforcé ses aides aux collectivités dans le cadre du plan de relance en doublant les dotations. C’est un soutien fort pour l’économie locale.

Côté chiffres, je tiens à souligner que des emplois salariés ont été perdus ces derniers mois mais qu’on assiste à un rebond depuis la fin d’année. L’emploi frontalier est quant à lui resté globalement stable et tient bon ; le taux de chômage dans l’arrondissement se maintient à un assez faible niveau : 6,6 %. Enfin, dans le département, 10 000 entreprises ont bénéficié du dispositif de chômage partiel pour 103 000 de leurs salariés. 11 000 sociétés ont eu recours au fonds de solidarité pour un total de 74 millions d’euros et 4400 autres ont demandé des prêts garantis à hauteur de 664 millions d’euros.

On peut donc en conclure que l’État a fait preuve de présence et d’efficacité depuis le début de cette crise économique.