Si seulement…

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La nouvelle est tombée vendredi dernier en fin de soirée, s’affichant en gros titres un peu partout, comme un éclair soudain des projecteurs médiatiques, aveuglant la sinistrose ambiante qu’ils propagent habituellement.

Le plus gros gain jamais remporté à l’Euromillions, loterie regroupant huit pays en plus de la France (Suisse, Autriche, Luxembourg, Royaume-Uni, Portugal, Espagne, Belgique et Irlande) a été décroché par un Français, lequel venait d’empocher la somme astronomique de 200 millions
d’euros !

Pour ce faire, il suffisait de trouver les cinq bons numéros et les deux
numéros étoiles : 6, 9, 13, 24, 41, puis le 3 et le 12.

Très simple en apparence, mais très compliqué en réalité, puisque la probabilité d’obtenir la bonne combinaison est estimée à une chance sur
139 millions par les statisticiens !

Dès l’officialisation de l’événement, bon nombre de médias ont convié sur leurs ondes ou leurs plateaux, des gestionnaires de patrimoine et des spécialistes financiers pour leur poser « la » question : « Que faire avec
200 millions ?
»

Leurs réponses laissaient entrevoir un florilège de possibilités.

Tout d’abord, acquérir un hôtel particulier de luxe de 32 pièces, dans le 16e arrondissement de la capitale (30 millions d’euros). Puis, histoire d’aller paisiblement se mettre au vert le dimanche, y ajouter une résidence secondaire d’un peu plus de mille mètres carrés, en bordure du lac Léman avec vue sur le Mont-Blanc (33 millions d’euros).

Pour s’y rendre, il est possible de profiter du Falcon 8X afin de se déplacer, en compagnie des 19 passagers potentiels, à la vitesse de croisière de 900 km/h (48 millions d’euros), à défaut d’utiliser la Voiture Noire supercar GT de Bugatti, pouvant dépasser les 400 km/h et vendue 17 millions d’euros.

Avec le reste, soit environ 75 millions d’euros, il y a possibilité en plaçant ce capital à un rendement brut moyen avoisinant les 4%, tel que celui actuellement obtenu sur le long terme, d’en percevoir plus de 200 000 euros d’intérêts par mois, avant impôts.

Voilà qui laisse de quoi voir venir en cas de coup dur…

D’ailleurs si l’heureux élu venait par le plus grand des hasards à lire ces lignes, je tiens à lui adresser mes félicitations et à l’informer qu’au cas où il accepterait de se délester de seulement un deux-centième du montant de son gain (si peu finalement…), un seul million d’euros me suffirait pour satisfaire mon rêve absolu : acheter une modeste villa sur l’île de
Noirmoutier (mais avec terrasse donnant sur l’océan et accès direct à la plage), afin de pouvoir écrire mes mémoires à la lueur du soleil couchant et d’aller promener mon chien le long du littoral vendéen, une fois que l’heure de ma retraite aura sonné, c’est-à-dire d’ici une vingtaine d’années.

Assez rêvé. Retour à la réalité.

Puisque ce n’est pas de moi qu’il s’agit, (de toute façon, même si une vie plus faste m’était offerte, je déciderais au moins de poursuivre l’écriture de cette chronique), je vous souhaite de vivre pleinement les réjouissances des fêtes de fin d’année, en paix, en Amour, mais surtout en sécurité, avec distanciation physique et respect des gestes barrières.

Et vous dis donc à bientôt, pour un retour dès lundi 4 janvier, avec le plaisir de nous retrouver dans quinze jours pour vivre 2021, accompagnés de promesses optimistes.

Quoi qu’il arrive, il sera tellement difficile de faire pire, que l’on peut être certain que l’année qui s’annonce, sera obligatoirement meilleure que celle qui s’achève…

Cyril Kempfer