Témoignage et cri d’espoir d’un jeune père de famille du Doubs.

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Stéphane, 35 ans

Moi, c’est Stéphane, 35 ans, marié à une femme extraordinaire et papa de deux adorables bouts de chou. J’ai beaucoup de chance !
Beaucoup de chance d’être encore en vie surtout ! Je suis né à 6 mois. Je suis donc un grand prématuré à qui on a donné beaucoup trop d’oxygène à la naissance. Résultat : je n’ai plus aucune capacité respiratoire et attends une greffe de poumons à plus ou moins long terme.
Vous l’aurez compris : si j’attrape le virus qui hante tous les esprits, j’ai tous les risques de ne pas y survivre. Me voici donc isolé dans un studio, seul, loin des miens, en priant pour que tout s’arrête enfin, et vite. J’ai peur. Chaque jour passé sans symptômes est une petite victoire, immédiatement entachée par les informations qui nous arrivent, dénombrant les nouveaux cas quotidiens et les victimes du virus. Entachée également par les comportements irrespectueux et déraisonnables de personnes se pensant au-dessus de tout, imaginant ne faire aucun mal en continuant sa vie comme avant. Et pourtant, vous en faites du mal ! En ne respectant pas les consignes, vous continuez la propagation du virus qui finira par toucher des personnes vulnérables, fragiles. Par des comportements égoïstes, vous prenez le risque de rendre des enfants orphelins, des femmes veuves et des maris éplorés. Vous ne semblez pas mesurer la gravité de vos actions parce-que vous pensez, à tort, ne pas être concernés.
Ce que l’on vous demande de faire n’est pas insurmontable : rester chez vous et ne plus avoir de contacts à l’extérieur, pendant quelques jours. L’épidémie durera tant que les mentalités ne changeront pas.

J’ai peur.
Peur de ne sortir de ce studio que sur un brancard.
Peur de ne plus revoir les miens.
Peur que malgré toutes les précautions mises en place, ce virus ne fasse beaucoup de mal autour de lui.
Et ces peurs, c’est seul que je les combats, dans un minuscule studio avec la télévision pour unique compagnie.

Mais je garde espoir quand même ! Je me dis que les esprits vont se calmer et que la raison va finir par l’emporter sur les plaisirs égoïstes. Je me dis que tout le monde va enfin prendre conscience de son rôle à jouer dans l’éradication de ce virus qui détruit bien des familles.

Je m’appelle Stéphane, j’ai 35 ans … et je veux vivre !