Terrain glissant

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La semaine passée a été riche d’agitations, gesticulations et autres emballements médiatiques.

D’abord il y eut la polémique autour du romancier Yann Moix, qui a reconnu avoir été l’auteur de textes et de dessins antisémites à l’âge de 21 ans, soit il y a plus de 30 ans.

Même si cela n’occulte en rien le préjudice causé, serait-il le seul à s’être cherché (par le biais de voies parfois obscures), à s’être « paumé » et à avoir « déconné » dans sa jeunesse ? Sûrement pas !

D’ailleurs, si l’on s’amusait à fouiner le passé des habituels donneurs de leçons de morale, probablement y trouverait-on trace d’agissements tout autant peu reluisants…

Il n’y aurait néanmoins rien de vraiment anormal à cela. L’erreur de jeunesse, faisant partie intégrante du cursus ordinaire d’une
destinée.

Il suffit d’avoir vécu un peu dangereusement, de ne pas avoir eu la chance (ou la malchance…) d’être toujours soutenu financièrement par Papa et Maman, et d’avoir dû manger quelques morceaux de vache enragée, pour l’assimiler…

Ensuite, ce fut au tour de Michel Sardou d’alimenter la chronique des cris d’orfraie.

Le chanteur a en effet déclaré lundi sur l’antenne de RTL :

« Je hais cette époque. La vie est moins souple, moins détendue que dans les années 1980. Rappelez-vous, les années 1970-1980, on fumait, on faisait l’amour, on roulait vite, on pouvait boire, le théâtre marchait, les affaires marchaient. Maintenant, tout est des réseaux sociaux ridicules où des gens s’expriment, quelquefois bien, mais très souvent c’est des abrutis…»

Indéniable réalité ! Car sans être radicalement passéiste, force est de reconnaître que les espaces virtuels et l’individualisme méprisant ont lamentablement pris le pas sur une certaine forme d’harmonie collective (liée à des valeurs éducatives aujourd’hui déliquescentes, au service militaire obligatoire, à l’apprentissage du goût de l’effort, à la responsabilisation personnelle…) qui régnait encore il y a quelques dizaines d’années.

Une sorte de concorde nationale, qui solutionnait d’elle même de nombreuses carences sociétales sans devoir employer, comme il en est devenu l’usage aujourd’hui, les « services » des « équipes pédagogiques », des assistants sociaux, des psychologues ou des tribunaux…

En cela, on ne peut qu’abonder dans ce sens, et convenir qu’il serait temps de  revenir à la réintégration de nos fondamentaux.

A ce sujet, pour avoir assisté vendredi dernier à la rencontre de ligue 1 opposant le F.C. Metz au Paris Saint Germain, rencontre interrompue quelques minutes au motif qu’une banderole jugée « homophobe »  avait été déployée (dessus, on pouvait lire « PSG, LFP, laisse-moi te chanter d’aller te faire enMMM…  Je passerai pas à la télé, parce que mes mots sont pas très gais »), je me suis posé la question.

Le groupe de supporters n’ayant fait que reprendre le refrain du titre « Balance ton quoi » de la chanteuse Angèle, désormais celle-ci va-t-elle être interdite de concert ?

Plus tard on pouvait lire sur une autre banderole : « Coupe du monde au Qatar : les stades sont-ils homologay ? »

Une manière subtile de dénoncer l’hypocrisie de certains membres du gouvernement, qui visiblement ne se sont guère souciés du sort infligé aux homosexuels dans ce pays, lors de leur visite sur les stades du Mondial 2022 !

Enfin, à toutes fins utiles, j’aimerais rappeler que la pratique intime ici évoquée n’est pas seulement réservée aux « homos ». Elle est même majoritairement employée par des couples hétérosexuels, dont certainement, des gens très respectables…

Comme quoi, à préférer étouffer la contestation populaire, qu’elle soit idéologique ou politique, plutôt que d’œuvrer efficacement aux grandes causes que l’on prétend défendre, on s’avance parfois sur un terrain glissant…

Cyril Kempfer