Toyota C-HR, la réponse proportionnée

Il y a environ trois ans, Toyota comblait le petit trou laissé dans son catalogue par l'embourgeoisement du RAV 4. Une lacune nécessaire à pallier tant le genre des SUV compact faisait alors des émules. C'est ainsi qu'est né le C-HR. La concurrence étant encore plus rude, l'heure de son restylage a sonné.

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L’histoire ne rend pas toujours aux pionniers les honneurs qui leur sont dus. Les chroniques de l’automobile retiendront que c’est Nissan, en s’inspirant des marques premium allemandes (BMW et Audi en particulier), qui lança l’un des tout premiers SUV : l’éternel Qashqai, sorti en 2007. Les plus fins connaisseurs rétorqueront que Toyota brillait déjà avec son RAV 4, lancé sur les routes dix ans plus tôt. Il ne faut jamais avoir raison trop tôt.
Le constructeur nippon préférera cependant davantage que l’on se souvienne de lui comme le précurseur de l’hybride grand public, un pari sur l’avenir lancé à peu près à la même époque que la sortie du premier RAV4, à la fin des années 90. En vingt ans, ce crossover a bien changé, gagnant en carrure et en prestance. À tel point que lorsque les SUV compacts déferlèrent en vagues successives à partir de 2015, il manquait une flèche au carquois de la firme japonaise. C’est ainsi qu’est apparu le C-HR, SUV futuriste reposant sur le point fort de Toyota : son avance dans le domaine de l’hybride. Depuis, la concurrence, notamment avec le Peugeot 3008, est devenue encore plus redoutable. L’heure du restylage a sonné.

Le choix des armes

Comme de coutume dans ce genre d’exercice, il ne faut pas s’attendre à de grands changements esthétiques. Les designers se sont concentrés sur le bouclier avant, avec notamment un large bandeau noir qui apparaît au-dessus de la plaque d’immatriculation. Les petites retouches sur la face avant donnent encore plus de prestance au C-HR, qui n’en manquait déjà pas. Les nouvelles lignes confèrent l’impression que le SUV japonais est plus large, plus grand. Les observateurs les plus aguerris remarqueront la nouvelle texture des projecteurs qui offre une inédite signature lumineuse au crossover. À l’arrière, il sera difficile de différencier les deux versions. Même constat à l’intérieur où les modifications sont minimes.
Ce restylage nous donne l’occasion de redécouvrir un habitacle nettement plus sage que l’extérieur. C’est élégant, bien fini, robuste et, par endroits, on se croirait même dans une proposition premium, comme en témoigne l’écran tactile dont la disposition rappelle ce que l’on trouve chez Mercedes ou BMW. Mieux, le confort n’a pas à rougir face à cette concurrence qui se targue d’être mieux positionnée. Le C-HR fait même fort avec une dotation généreuse sur l’ensemble de son offre et des équipements de pointe comme le régulateur de vitesse adaptatif, la lecture des panneaux ou l’alerte de franchissement de ligne.
Avec son look de coupé, on aurait pu croire que l’habitabilité ait été sacrifiée sur l’autel du style. Il n’en est rien. De belle taille – 4,36 m de long et 1,79 m de large –, le C-HR est accueillant, même si la visibilité générale n’est pas son point fort. C’est le coffre qui pâtit légèrement des contraintes esthétiques avec une capacité limitée à 377 l.

Une version hybride plus puissante

Les principaux changements se situent sous le capot. Lors de son lancement, le C-HR proposait deux versions. La première, embarquant un moteur 1,2 l essence de 116 ch, et faisant office d’entrée de gamme, a depuis disparu. La deuxième, la plus prisée (85 % des ventes), restait donc seule en lice avec son bloc 1,8 l hybride hérité de la Prius 4. L’ensemble moteur développe 122 ch de puissance combinée pour un tarif de 28 500 €. Ainsi équipé, le C-HR n’était pas un foudre de guerre. Le 0 à 100 km/h avalé en 11 longues secondes en témoigne. Idéale pour la ville, cette itération hybride méritait un petit coup de pouce. Et le voici !
Le nouveau C-HR accueille en effet une seconde motorisation hybride plus volontaire. Avec ses 180 ch de puissance cumulée, ce bloc issu de la Corolla est davantage digne du châssis exceptionnel du C-HR. On retrouve cette sensibilité au roulis propre à ce type de véhicule et la direction assistée un peu trop intrusive qui n’a pas été corrigée. Mais cette nouvelle motorisation change la donne en termes de reprise et d’agrément lors des trajets extra-urbains.
Pour le moment, les caractéristiques techniques de cette version de 180 ch qui arrivera à l’automne sont inconnues, tout comme ses tarifs qui devraient toutefois dépasser les 32 000 €. Toyota soigne ainsi avec brio son maillon fort… en attendant une version 100 % électrique prévue pour l’année prochaine. Une nouvelle révolution à venir.

Fiche technique Toyota C-HR 180

Moteur : 4-cylindres essence + électrique
Cylindrée : 1 798 cm3
Puissance : 180 ch
Couple : NC
0 à 100 km/h : NC
Vitesse max. : 180 km/h
Consommations mixtes : NC
Émissions de Co2 : NC
Longueur : 4,36 m Largeur : 1,79 m Hauteur : 1,55 m Empattement : 2,64 m
Volume du coffre : 377 l
Capacité du réservoir : 43 l

Les + :
Style
Équipement
Motorisations hybrides

Les – :
Visibilité
Coffre