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Un grand mot qui est aussi un grand
remède transparait dans les médias et les discours de nos édiles sans même qu’on y prête attention. Parce que c’est un mot qui n’accroche pas le regard, qui n’attire pas l’œil et qui passerait inaperçu si je n’étais pas là pour mettre le doigt dessus au risque de passer la main à travers.

C’est le mot « transparence ».

Transparence de la vie publique, transparence des recettes et des dépenses, transparence des programmes et des projets… Un nouveau
ministre ? Il le dit : il sera transparent. Transparence des raisons d’un départ et d’une arrivée. On voit bien : tout est transparent. Vu d’un côté comme de l’autre.

Néanmoins je voudrais mettre en garde contre un risque de la transparence suite à la
mésaventure récente d’un ami.

Il avait mis ses promesses électorales listées et budgétées en toute transparence dans une cariole attachée derrière son auto et il était parti faire la tournée des panneaux électoraux.
Soudain il entendit une sorte de tintamarre insipide et inodore. Comme un accès de tohu-bohu ou de tintouin mais parfaitement silencieux. Il jeta un œil dans son rétroviseur : tout était transparent ! Il pensa donc qu’il avait perdu en chemin les promesses de ses affiches qui devaient placarder son programme en toute transparence sur les murs de la commune. Il enclencha la marche arrière mais il n’avait pas fait vingt mètres qu’il fut happé dans un trou transparent qu’il n’avait pas entendu venir.

Aujourd’hui il est tiré d’affaire mais il insiste : « la transparence c’est bien, mais il faut faire toute la lumière sur elle pour qu’elle soit bien visible et qu’on la voit venir de loin »