Pressions et harcèlement à l’école d’orthophonie l’UFR d’Orthophonie de Besançon

Après la démission du directeur et d’enseignants, la Présidente de l’Université de Franche-Comté a fait un signalement au Procureur de la République.

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Etienne Manteaux, le Procureur de la République de Besançon, a formellement demandé aux victimes potentielles des faits de harcèlements à l'UFR d'Orthophonie de Besançon, de déposer plainte auprès du commissariat central de la Gare d'eau ©YQ

Macha Woronoff, la Présidente de l’Université de Franche-Comté, a alerté le Procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du Code de Procédure pénale  » imposant le signalement de manière impérative et avec l’absence de contrôle d’opportunité sur des faits constitutifs d’un crime ou d’un délit… »

La présidente de l’Université a été alertée de propos et de « comportements humiliants et dégradants » selon le Procureur, de la part de certains professeurs et du directeur de l’UFR d’Orthophonie de Besançon.

Alors qu’une enquête administrative interne a été diligentée au sein de l’Université, ce signalement a incité le Parquet à engager une procédure judiciaire du chef de harcèlement.

La situation, selon les propos du Procureur, perdurerait depuis les années 2010-2011 pour des étudiantes engagées dans un long cursus de cinq ans menant à la profession d’orthophoniste. Etienne Manteaux a donc confié l’enquête à la direction départementale de la police judiciaire sur la période de 6 ans antérieurement au signalement de cette année (soit jusqu’au mois d’octobre 2015).

« Les réseaux sociaux ne peuvent servir de base à des poursuites pénales »

Le Procureur pourrait éventuellement poursuivre le ou les auteurs de ces harcèlements mais « uniquement s’ils sont pénalement répréhensibles » précise-t-il.

A ce jour, les propos humiliants et dégradants ont été diffusés sur les réseaux sociaux par une dizaine de victimes potentielles sous couvert d’anonymat.

Pour « objectiver » les faits, Etienne Manteaux invite les étudiantes et étudiants de l’UFR Orthophonie qui auraient fait l’objet de ces harcèlements, à se déclarer par téléphone auprès du commissariat central de la Gare d’eau afin que les enquêteurs puissent les entendre dans le cadre d’une plainte.

Cet appel à témoignage n’est pas sans rappeler la même démarche initiée par le Procureur de la République dans l’affaire de l’ISBA.

Tout en comprenant les conséquences psychologiques, si les faits devaient être avérés, sur des étudiants et étudiantes qui consacrent cinq années à des études difficiles, Etienne Manteaux ne peut engager des poursuites que sur des faits objectifs. Il appartient par ailleurs à l’Université de sanctionner en interne les éventuels responsables de ces faits, sans que cela puisse interférer dans une enquête pénale.

Enfin, le Procureur de la République a bien précisé, qu’en l’état actuel de l’enquête, il est nullement question de harcèlements à caractère sexuel ou sexiste et insiste sur l’importance du dépôt de plaintes. Par ailleurs, les enquêteurs vont également entendre les orthophonistes, maîtres de stage,  qui ont rédigé un courrier à l’Université pour dénoncer ces faits susceptibles d’être qualifiés de « harcèlements simples » passibles d’un an de prison.

Yves Quemeneur