Un bassin de 20 000m3 pour protéger le Doubs

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100 m de long, 50 m de large, 8 500 m3 de béton et 70 000 m3 de terrassement. Fin 2022, au-dessus du bassin enterré, on retrouvera le terrain de baseball ©YQ

Grand Besançon Métropole a engagé les travaux de construction d’un bassin d’orage sur le site de la Malcombe. C’est l’équivalent du volume de 8 piscines olympiques sur 4 mètres de profondeur.

Un objectif environnemental
Anne Vignot, Présidente de Grand Besançon Métropole a présenté l’important chantier du bassin d’orage de la Malcombe le 28 septembre ©YQ

Il faudra deux années de travaux pour protéger le Doubs des pollutions liées aux rejets d’eaux usées par temps de pluie. « Les épisodes pluvieux et les orages intenses sont plus fréquents du fait du dérèglement climatique » a rappelé Anne Vignot lors d’une visite du chantier le 28 septembre 2021.  La réglementation impose une limitation des rejets sans traitement à 5% du flux de pollution transitant par le réseau d’assainissement.  Avec la construction de ce bassin d’orage, le service eau et assainissement de GBM devrait atteindre un taux de 6% contre 8% à l’heure actuelle.

En cas de forts épisodes pluvieux, le réseau d’assainissement peut être saturé et une partie des eaux polluées se déversent directement dans le Doubs. La pose d’une déviation sur la canalisation principale qui alimente la station de traitement de Port-Douvot, permet alors de remplir le bassin d’orage. Une fois l’épisode pluvieux terminé, des pompes permettent de vider le bassin.

8 500 m3 de béton et 70 000 m3 de terrassement
20 000 m3 d’eaux polluées fin 2022 pour protéger le Doubs ©YQ

Il ne s’agit pas de « bétonner » un site naturel mais bien d’optimiser le réseau d’assainissement de la Ville de Besançon. Le bassin sera équipé de différents ouvrages (dégrilleur, dessableur et système de rinçage automatique) et de micro-pieux. Il a donc une capacité utile de 20 000 m3 et peut accepter 6 m3/seconde en cas de fortes précipitations. Le bassin a une longueur de 100 mètres pour 50 mètres de largeur.

Le chantier s’intègre dans un programme global initié depuis plusieurs années à Besançon pour aménager ou construire des ouvrages de rétention d’eau grâce au « Eau et Assainissement » de Besançon géré depuis l’origine en régie ; gestion confiée à Grand Besançon Métropole depuis le  1er janvier 2019.

Afin de minimiser les nuisances pour le voisinage, une bretelle d’accès à la RN 57 a été aménagée entre le pont de Beure et Micropolis ; elle est réservée exclusivement aux camions du chantier.

Des entreprises locales

La Direction Grands Travaux de Grand Besançon Métropole avait mis l’accent sur l’importance de faire travailler des entreprises locales. Le groupement d’entreprises est piloté par Eiffage sous la direction de Richard Robert, Directeur génie civil d’Eiffage Grand Est et les terrassements sont réalisés par la société PBTP de Devecey. D’autres entreprises locales sont sollicitées sur ce grand chantier, en particulier les approvisionnements en béton.

La fin des travaux est programmée en décembre 2022. Le terrain de baseball sera alors rétabli au-dessus du bassin offrant un aménagement de meilleure qualité pour les pratiquants.

8,5 millions d’euros investis pour une rivière plus propre

Le montant des travaux est conséquent et avait été inscrit dans le contrat conclu avec l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse sur la période 2019-2021. Les aides de l’Agence de l’eau pourraient atteindre 50% du montant total auxquelles s’ajoutent des aides spécifiques du Département du Doubs, très impliqué sur tout le territoire dans la gestion des ressources en eau et l’assainissement. La gestion durable de la ressource en eau est un objectif stratégique important du département dans un souci de solidarité et d’équité entre les territoires.

L’alimentation en eau potable et les réseaux d’assainissement sont des chantiers d’avenir de grande ampleur. A Besançon, 1 million de m3 d’eau potable est perdu chaque année du fait de la vétusté des canalisations. L’eau est une ressource trop précieuse pour qu’elle soit dilapidée.

Yves Quemeneur