Un campus redessiné pour plus d’étudiants à Besançon

Un campus redessiné pour plus d’étudiants à Besançon

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Dans la présentation démographique faite au Conseil communautaire de Grand Besançon Métropole  par Serge Kaufmann, le directeur régional de l’INSEE, il apparaît que les jeunes étudiants quittent Besançon après la licence pour d’autres centres universitaires. Comment les retenir dans la capitale comtoise et comment en attirer de nouveaux ?

La modernisation du campus Bouloie-Temis est en marche

Anne Vignot, dans son introduction l’a clairement affirmée « l’enseignement supérieur et la recherche sont des priorités pour notre territoire ». Encore faut-il offrir aux étudiants, aux chercheurs et aux enseignants des conditions de vie et d’étude à la hauteur de leurs attentes. C’est le sens de la création d’un campus d’excellence baptisé « Grand Besançon Synergie Campus ».

Le Maire de Saône, Benoît Vuillemin, est aussi Vice-Président de Grand Besançon Métropole en charge particulièrement de l’enseignement supérieur. Ce grand projet chiffré autour de 80 millions d’Euros est issu du contrat de développement métropolitain signé avec la région Bourgogne Franche-Comté.

A côté de l’Université de Franche-Comté, Grand Besançon va s’attacher à l’aménagement des espaces publics, à la modernisation de  l’immobilier et à de meilleures mobilités.

En matière de nouveaux équipements, un nouveau bâtiment accueillera l’ISIFC (Institut Supérieur d’Ingénieurs de Franche-Comté), la transformation de la bibliothèque Sciences et Sports en « Learning center », la construction d’une maison des sports et d’un nouveau lieu de vie pour les étudiants et la réhabilitation de la faculté de Sciences juridiques et  économiques (UFR SJEPG).

Les espaces extérieurs vont être repensés tant au campus de la Bouloie qu’à la technopole Temis. Plusieurs bâtiments vont être rénovés : le jardin des sciences, la Métrologie, l’amphithéâtre Gaudot et l’ancien siège du CROUS sera transformé en lieu de vie pour les étudiants.

Sous la maîtrise d’ouvrage de GBM, l’aménagement des espaces extérieurs représente une enveloppe de plus de 10 millions d’euros sur 65 000 m² rénovés. Autour de la maison des sports, les équipements vont être transformés (piste d’athlétisme, aire de lancer, saut en longueur, zone multi-activités et piste finlandaise…). Les travaux ont débuté cet été 2021.

Le tour de table financier est bouclé

Lors de la signature du contrat initial, la région Bourgogne Franche-Comté a été sollicitée à hauteur de 9 620 000€, Grand Besançon Métropole pour 6 031 594€ et l’Université de Franche-Comté pour un montant de 1 700 000€. Les apports ultérieurs du Conseil départemental du Doubs ont permis d’accélérer la construction d’un nouveau « Data Center » pour les données de l’Université. Le solde est financé à 100% par le conseil régional de Bourgogne Franche-Comté à hauteur de 49,2 millions d’euros. Enfin l’Etat, au travers du plan de relance, permet à l’Université de rénover le bâtiment Métrologie B pour un montant global de 10,03 millions d’euros.

Le corridor vert

En complément, le projet vise à créer un lien naturel, lisible et structurant pour améliorer les échanges entre la Bouloie et Temis. Equipement paysagé fondé sur les modes doux, il aura vocation à relier les équipements universitaires à la technopole Temis (ENSMM, Temis Innovation, Maison des microtechniques, Femto-St et le lycée Ledoux. Cet investissement de 4,68 millions d’euros, a reçu un accueil positif de la part de l’ENSMM et du CROUS.

Les travaux sur la Bouloie vont perturber fortement le campus actuel : passage obligé pour faire du campus universitaire de Besançon un pôle d’excellence additionnant les atouts avec la future bibliothèque universitaire à Saint Jacques, le campus dans la boucle et les laboratoires de recherche de Temis Innovation. Il faudra également améliorer la desserte des campus avec des cadencements accélérés des transports en commun : « la ligne 3 a été victime de son succès » a souligné Marie Zehaf, en charge des mobilités.

L’Université de Franche-Comté a les moyens de ses ambitions : conserver sur le territoire les étudiants en Master et en Doctorat, en attirer de nouveaux venus d’autres régions ainsi que des chercheurs et enseignants de haut niveau. A Besançon, on peut paraphraser le dialogue de « Bienvenue chez les Chtis » : « Quand on vient à Besançon, on pleure deux fois… quand on arrive et quand on repart ».

Yves Quemeneur