Un cas de comprenotte bouchée ?

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Récemment j’ai aligné ici diverses expressions. Mais la Marie-Madeleine me rentre dans le chou :  Qu’avez-vous don à nous souler avec vos contes, n’en veux-tu, n’en voilà. Z’en mettez à bourre-museau et j’y comprend goutte. C’est que j’ai fait l’école derrière les buissons et à douze ans il y a bel âge que j’étais en champs les vaches !

Il y en avait rien de moi, j’étais maigre comme une essole, grosse comme un chiot de mouche à courir au cul des bêtes pour pas qu’elles aillent au dommage. Quand i faisait du temps, c’était du pareil au même. On rentrait gaugé. On pleurait pas la michotte. Fallait en faire façon si tu voulais pas en prendre une à la retourne.

On était une caramillée de chenaillots. La mère elle a fait Pâques avant les Rameaux et après elle a passé la commande tous les ans. C’est devenu une habitude que voulez-vous qu’j’vous dise. Quand le père a fait le dernier rancoillot elle était encore grosse !

Le matin on avait un pochon de relavure. Si t’as faim, mange ta main ! Ça nous faisait mal bien mais fallait aller et pis c’est tout.

Dans le moment on n’était pas dans les téléphones. C’était pelle à chnis et pate à relaver. Quand j’les vois je suis fine colère. Ils sont à pioner misère qu’ils ont plus rien à manger le quinze du mois. Pensez-vous : ils ont autant faim que la rivière à soif.

Le père on le craignait comme la grêle. C’est qu’on avait plus souvent des taugnées que des roudoudous. Fallait pas lui dire des raisons sinon ça tombait dru pas bien de temps après. La Sidonie, elle a toujours la tapette en l’air. C’est une cautaine tout pique sa mère. Mais n’empêche elle dit que c’est à se demander s’ils ont pas été bercé trop près du mur !