Un cimetière franco-suisse

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Le cimetière est situé autour de l'église...franco-suisse elle aussi!

Beaucoup ont profité de la Toussaint et du jour de la fête des morts pour se rendre sur les tombes de leurs proches. A Goumois, des suisses ont dû traverser la frontière pour se recueillir.

A l’époque du traité de Vienne en 1815, les Suisses devaient se rendre à la paroisse des Pommerats à 9 km malgré l’éloignement et surtout leurs habitudes ancestrales… Ils ont donc très vite demandé l’autorisation de revenir à Goumois côté France ce qui leur a été accordé par un écrit cosigné par le prince évêque de Bâle et l’archevêque de Besançon. En contrepartie de ce droit de culte et de sépulture transfrontaliers, les défunts helvètes peuvent être transportés pour être inhumées en France. Avec parfois par le passé un peu de zèle chez certains douaniers ou pire durant la seconde guerre mondiale la demande des soldats allemands d’ouvrir le cercueil pour éviter tout trafic ou passage clandestin…

Une communauté de destin qui s’étend donc jusqu’à l’éternité entre français et suisses dont les destins sont par ailleurs depuis des siècles très liés. Les habitants des deux rives ont en effet un rapport particulier avec la frontière, ayant historiquement d’étroites relations avec leurs voisins sans se soucier d’un traité ou d’une barrière : mariages transfrontaliers, activités agricoles, artisanales, industrielles et commerciales notamment avec les horlogers et fromagers, la division n’est finalement qu’administrative. Et elle ne pouvait donc pas être stoppée, même pas par la mort.