Une association d’élus pour accélérer l’aménagement des liaisons transfrontalières

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Lancement le samedi 27 février 2021 de l'associations "les liaisons transfrontalières Besançon, Doubs, Jura suisse"

Benoît Vuillemin le Maire de Saône a accueilli le samedi 27 février plus d’une quarantaine de maires des communes du Plateau et d’élus de Grand Besançon Métropole.

Pierre Contoz le Maire de Montfaucon, Daniel Huot le Maire de Mamirolle et Benoît Vuillemin étaient à la manœuvre depuis quelque temps pour installer une association d’élus autour des “Liaisons transfrontalières Grand Besançon, Doubs, Jura, Suisse, outil de référence pour valoriser et dynamiser l’attractivité de notre territoire franco-suisse” comme le soulignait Benoît Vuillemin dans son introduction.

Un auditoire très large de responsables politiques
Le sénateur du Doubs Jean-Françoise Longeot était présent à Saône. Il est aussi président de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable au Sénat ©YQ

Excusez du peu ! Autour des trois animateurs, Annick Jacquemet la Sénatrice du Doubs et Jean-François Longeot Sénateur et Président de la commission « Aménagement du territoire et développement durable » du Sénat, Michel Neugnot 1er vice-président de la région Bourgogne Franche-Comté, quatre vice-présidents de Grand Besançon Métropole, Ludovic Fagaut chef de file de l’opposition bisontine et vice-président du conseil départemental du Doubs et une quarantaine de maires ; ceux du Plateau directement concernés par les aménagements routiers et ferroviaires (RN57 et ligne des horlogers) ou plus largement de la zone d’attractivité économique bisontine et frontalière.

Mise en perspective du territoire frontalier
Alexandre Moine, Président du Forum Transfrontalier/Arc jurassien a évoqué la dissymétrie des réseaux de transports en France et en Suisse ©YQ

Alexandre Moine est intervenu en tant que Président du Forum transfrontalier/Arc jurassien, un organisme franco-suisse créé en 2007 comme lieu de réflexion au service d’une identité transfrontalière dans l’arc jurassien. En termes de mobilités et d’aménagement du territoire, Alexandre Moine, qui est aussi enseignant-chercheur en géographie à l’Université de Franche-Comté,  a surtout évoqué la problématique des frontaliers mettant l’accent sur la proximité entre lieu de vie (côté France) et lieu de travail (côté Suisse). Le géographe conteste l’intérêt du contournement routier de la Chaux-de-Fonds, en zone urbaine…considérant que de nombreux frontaliers pourraient faire le trajet en vélo ! Il admet toutefois que le franchissement de la frontière au niveau de Pontarlier/Vallorbe ou de Morteau/La Chaux-de-Fonds pose de sérieux problèmes. Il est convaincu que, tant du côté français que du côté suisse, les grandes infrastructures routières ne répondent plus aux besoins de la population. Pour autant, il ne donne pas de pistes d’amélioration concernant le transport des marchandises sur un territoire où le maillage des entreprises est très dense. Anne Vignot, la Maire de Besançon, pourrait trouver dans les propos d’Alexandre Moine, matière à contester l’aménagement de la RN 57.

La “ligne des horlogers”, colonne vertébrale ferroviaire

Alexandre Moine l’a fait remarquer “les frontaliers ne se sont pas emparés du ferroviaire” ; 3% d’entre eux utilisent le train pour relier Morteau à la Chaux-de-Fonds. Pourtant on parle là d’un bassin de vie et d’emplois de 70 000 habitants. Le cadencement est le nœud du problème, en particulier aux heures de pointe. Cette “ligne des horlogers” est en cours de modernisation pour un montant global estimé à 55,5 millions d’euros financés par l’Etat et la Région. Elle devrait permettre dès la fin de l’année 2021 une amélioration de la performance et de l’attractivité de cette ligne structurante entre Besançon et la Suisse. Reste le problème du cadencement sur deux tronçons : celui de la frontière entre Morteau et La Chaux-de-Fonds (frontaliers) et celui entre Valdahon et la gare TGV des Auxons (tram-train traversant Besançon du Sud-est au Nord-Ouest)

RN 57 : oublier la politique pour se consacrer au bon sens

Frédéric Bonnefoy vice-président Doubs de la Fédération des Travaux Publics l’a bien résumé “Toutes les mobilités sont importantes”. Ce n’est pas la voiture contre le vélo ou les transports en commun et inversement. Il s’agit bien d’un projet structurant intégrant l’ensemble des mobilités urbaines et interurbaines. Olivier Thirion et Hélène Feuvrier, pour la DREAL,  ont présenté le projet “abouti” selon le terme d’Yves Guyen. “Abouti” parce que les services de l’Etat ont largement pris en compte les contributions multiples des habitants et associations pour améliorer le projet. “Abouti” parce que le moment de la décision est venu. Le vice-président chargé des voiries à Grand Besançon Métropole s’étonne que “beaucoup d’opposants au projet se prononcent sans le connaître”. La démonstration claire est apportée par la Dreal du souci environnemental du projet et particulièrement de son impact sur les GES (gaz à effet de serre). Les émissions de CO² seront réduites et l’aménagement n’aura aucun impact sur les zones humides ou Natura 2000. Toutes les collectivités territoriales (Région, départements, EPCI, communautés de communes et communes) devront se prononcer formellement d’ici au mois de mai prochain.

Michel Neugnot 1er vice-président de la Région Bourgogne Franche-Comté a appelé tous les protagonistes de l’aménagement RN57 à la raison ©YQ

“Plus de fluidité, c’est aussi plus de population attirée sur Besançon, le Plateau et le Pays Horloger” a conclu Michel Neugnot précisant que “les chefs d’entreprises sont le maillon essentiel dans les aménagements”. Heureusement que le vice-président de la Région l’a rappelé si l’on veut que la récente inscription des savoir-faire horlogers au patrimoine mondial de l’Unesco, transforme le territoire en zone d’attractivité pour de nouvelles entreprises porteuses de richesses et d’emplois.

Yves Quemeneur