Une bonne leçon

96

Voilà l’arrivée de l’automne et ses soirs déclinants, qui nous propulsent de plain-pied dans une dense « rentrée médiatique » sur laquelle il y aurait beaucoup à commenter, notamment à s’indigner.

Cela a commencé très fort dès lundi, avec le discours colérique et capricieux de la jeune Greta Thunberg, montée ce lundi à la tribune de l’ONU, donner des leçons d’authenticité aux chefs d’Etat, accusés de « trahison ».

« Mon message est que je vais vous avoir à l’œil », a-t-elle commencé depuis sa chaise, déclenchant (naturellement) des rires dans la grande salle de l’ONU.

« Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses. Je fais pourtant partie de ceux qui ont de la chance. Les gens souffrent, ils meurent. Des écosystèmes entiers s’effondrent, nous sommes au début d’une extinction de masse, et tout ce dont vous parlez, c’est d’argent, et des contes de fées de croissance économique éternelle ? Comment osez-vous ?! » a répété à plusieurs reprises la jeune Suédoise de 16 ans…

Avant d’afficher davantage, le côté désagréablement méprisant de son ressentiment :

« Il n’y aura aucune solution ou plan présenté aujourd’hui en ligne avec ces chiffres, car les chiffres sont trop gênants, et vous n’êtes toujours pas assez mûrs pour dire les choses telles qu’elles sont ».

On ne saurait conseiller à l’adorable petite Greta, pour mieux « mûrir », de commencer par retourner à l’école, afin de se voir prodiguer quelques cours de savoir-être…

Ensuite de lui expliquer qu’à l’instar de toutes les émotions négatives, dont chacune s’inscrit chaque jour dans nos
cellules, que la colère est très mauvaise pour la santé.

Puis, justement, « pour dire les choses telles qu’elles sont », de lui suggérer de commencer par s’occuper de gagner son indépendance, son autonomie, (il lui faudra donc inévitablement produire de la richesse, de la croissance : précisément sa propre richesse, sa propre croissance, pour y parvenir…), avant d’expliquer aux dirigeants du monde entier comment devraient-ils repenser la leur.

Le plus regrettable dans cette histoire (notre histoire), puisqu’en terme de rapports humains le fond prime toujours sur la forme, c’est que le mépris affiché par cette adolescente est en train de desservir la cause du dérèglement climatique et du réchauffement de la planète, qu’elle œuvre, d’une manière inappropriée, à défendre.

Autant l’ampleur de la catastrophe écologique qui s’annonce est indéniable et effectivement nous nous devons tous de réagir, autant en s’adressant ainsi aux principaux dirigeants de la planète, on a forcément moins de chance d’être écouté, et encore moins que cette parole soit réellement prise en considération, suivie d’effets, rapides et concrets.

Peu importe à qui et pourquoi, lorsque l’on s’évertue à infléchir l’arbitrage d’un décideur, le résultat de notre requête
tient à très peu de choses.

Bien souvent, c’est juste une question d’attitude…

Cyril Kempfer