Une école dynamique et efficace

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Longue et intéressante conférence de presse de Jean-François Chanet. Le recteur de l'académie de Besançon se veut rassurant pour cette rentrée 2020 ©YQ

Jean-François Chanet, le recteur de l’Académie de Besançon faisait sa rentrée scolaire le vendredi 28 août.

“Ne nous trompons pas dans la hiérarchie des priorités”

Le recteur préside le comité d’histoire de l’Education Nationale et est professeur agrégé d’histoire. La mise en perspective des événements est donc une seconde nature pour le patron de l’académie de Besançon depuis 2016. L’enjeu de cette rentrée scolaire particulière est donc de se battre pour l’égalité des chances pour les élèves en difficulté et lutter contre la déscolarisation. Pour Jean-François Chanet, la crise économique et sociale pourrait avoir des conséquences beaucoup plus graves que la pandémie liée au Covid-19. Il demande aux enseignants de combattre la peur, de rassurer et informer avec calme et détermination, citant la philosophe Simone Weil décédée en 1943 “la peur est un poison presque mortel”. Enseigner la solidarité est donc un devoir essentiel de l’école.

Des moyens académiques ajustés en Franche-Comté

Valérie Pinset, nouvelle secrétaire générale de l’Académie depuis le 1er avril 2020 a rappelé que la répartition des moyens entre académies tient compte de la ruralité des territoires et de la difficulté sociale de certains quartiers. L’évolution des effectifs d’enseignants prend également en compte le dédoublement des classes dans les zones d’éducation prioritaire et la limitation à 24 élèves dans les grandes sections de maternelle.

Ainsi, dans le premier degré (écoles élémentaires), l’académie augmente pour cette rentrée le nombre d’enseignants. Malgré la baisse démographique attendue de 1 396 élèves sur les quatre départements, on note 31 emplois supplémentaires. Cette évolution répond, selon le recteur de Besançon, à l’engagement pris par le Président de la République de ne pas fermer d’école sans l’accord du Maire. Pour cela, les inspecteurs d’académie devront analyser précisément les effectifs réels lors de la rentrée du 1er septembre et “prendre des décisions de bon sens”. Ce sera en particulier le cas pour certaines classes en suspens à l’école des Chaprais à Besançon.

Dans le second degré, la Franche-Comté enregistre 193 élèves supplémentaires. Pourtant 24 emplois sont supprimés plus 6 emplois en ETP (équivalent temps plein), équilibrant le nombre de personnels dans la région.

Transformation de la carte des formations professionnelles

“L’évolution implique une modification des mentalités que ce soit pour les parents et les enseignants” souligne Jean-François Chanet. Il s’agit de développer une orientation “choisie” plutôt que “subie” vers la voie professionnelle pour garantir aux élèves une meilleure insertion professionnelle. Et dans le même temps, la mise en place de CAP en 1 an pour les « décrocheurs » ne va pas dans le sens d’une meilleure insertion et ressemble plus à une voie de garage.

Il demeure que les moyens académiques seront développés pour faciliter l’accompagnement personnalisé des élèves, particulièrement au niveau des acquisitions fondamentales. 5 000 heures de formation seront également consacrées à un travail méthodologique au collège et des “stages de réussite scolaire” seront mis en place à compter de la Toussaint 2020.

Il y a beaucoup de bonne volonté de la part des enseignants et de l’encadrement académique. Le constat est malgré tout alarmant depuis de nombreuses années s’agissant des enseignements fondamentaux.

Protocole sanitaire “le service doit être assuré”
Jean-Françoise Chanet recteur de l’académie de Besançon au cours de sa conférence de presse de rentrée 2020 ©YQ

Le recteur est revenu sur l’objectif principal de cette rentrée particulière “La priorité, c’est l’école” a-t-il rappelé à plusieurs reprises. “Tous les élèves doivent être accueillis aussi en périscolaire et à la pause méridienne”.

Les parents d’élèves jouent un rôle essentiel dans l’application du protocole sanitaire allégé. La cellule Covid du rectorat a eu à connaître plus de 700 cas de contamination entre le 11 mai et le début juillet (y compris les cas asymptomatiques). Pour la rentrée, le recteur le précise “on se concentre sur les cas confirmés puis sur les personnes-contacts testés et éventuellement isolés”. Seul le préfet peut décider d’une fermeture de classe voire d’école si plus de trois cas avérés sont recensés dans une école.

“Ce qui n’est pas interdit est autorisé”

Jean-François Chanet est un recteur pragmatique. Sur un début de polémique lié à l’annonce du Premier Ministre demandant aux grands-parents de ne pas accompagner les petits enfants à l’école, Jean-François Chanet s’en remet à l’intelligence et au bon sens. Que les grands parents se rassurent, ils pourront accompagner leurs petites têtes blondes à l’école.

“La crise nous oblige” a conclu le recteur. L’essentiel de cette rentrée doit porter sur l’accompagnement personnalisé des enfants : “le but est de n’en perdre aucun”.

Yves QUEMENEUR