Haut-Doubs. Vincent Laubert, un agriculteur qui a du cœur

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Vincent Laubert a fait honneur à la réputation d'hospitalité des habitants du Haut-Doubs.

Installé aux Ecorces depuis plus de 30 ans sur une exploitation agricole qui compte aujourd’hui 60 hectares, Vincent Laubert a non seulement offert un week-end à la ferme à trois étudiants mais aussi montré que la solidarité passe par de petites attentions à la portée de chacun.

Rappelez-nous ce qui vous a poussé à lancer cette initiative ?

Après les mois qu’on vient de passer, j’ai été particulièrement touché par des reportages montrant des étudiants frappés eux aussi par cette crise, des jeunes souvent isolés, dépourvus de leurs petits boulots qui les font vivre et confinés dans leurs petits appartements. J’ai pensé qu’ils auraient bien besoin d’un grand bol d’air. C’est ça que je voulais offrir en les recevant ici à la ferme aux Ecorces le temps d’un week-end du samedi matin au dimanche soir. Une bonne façon d’oublier le marasme actuel pour eux comme pour moi.

Votre appel a-t-il vite été entendu ?

Pour ne pas avoir à faire un choix forcément subjectif, j’ai fait confiance au hasard et ouvert la porte aux trois premiers inscrits. D’avoir répondu aussi vite, ça montrait leur motivation à venir et ça s’est confirmé sur place. Ils se sont levés tôt le matin et ont donné un coup de main pour s’occuper des animaux et n’ont pas pris ces deux jours comme des vacances. On a aussi profité de la nature avec une balade de 8 km sur le site du Refrain, aux Echelles de la Mort, au bord du Doubs.

Votre but était-il en effet une découverte réciproque ?

Pour François et Jean comme pour Mauricio originaire du Bénin, ces deux jours ont été une immersion complète dans le monde agricole qu’ils ne connaissaient pas. Voir fonctionner une exploitation, discuter de ce qu’on fait ici… ils ont montré un vrai intérêt et ont adoré. Pareil pour les rencontres que j’avais organisées avec un voisin ferronnier d’art, un autre passionné d’horlogerie et un troisième qui lui est musicien. On a pu échanger sur les univers des uns et des autres entre notre vie à la campagne et la leur en ville pour se construire un avenir.

Comment va se poursuivre ce premier contact?

Chacun reprend sa vie…i ls vont poursuivre leur année scolaire si particulière et on s’est donné rendez-vous en septembre pour faire le point et profiter aussi pour faire une nouvelle sortie du côté du Chatelôt et du Saut du Doubs avec un bon casse-croûte

Votre initiative semble faire des émules!

C’est simple à mettre en place. Ça fait du bien à tout le monde. Donc j’espère que d’autres agriculteurs suivront. Certains semblent déjà prêts à le faire et un groupe Facebook s’est même mis en place pour mettre en relation étudiants et agriculteurs

Est-ce une fierté pour vous ?

Je suis surtout heureux d’avoir donné un peu de bonheur à ces trois jeunes et de voir de la fierté dans les yeux de ma fille, elle-même étudiante, et de mes deux fils qui ont été là pendant le week-end pour réussir cet accueil. C’est sûr que ça a beaucoup fait parler puisque plusieurs médias nationaux voulaient être là le samedi et le dimanche mais on a préféré privilégier quelques journalistes de la presse locale et la tranquillité !

Pour conclure, que retirez-vous humainement de cette aventure ?

On souffre tous depuis des mois. Les étudiants comme on l’a dit. Et nous aussi puisqu’on n’a pas eu nos comices et autres moments de partage. On a donc tous besoin de remettre les rapports humains au cœur de nos vies. C’était l’objectif. Il est réussi. Pourvu qu’il inspire aussi le monde d’après…

Les trois étudiants ont participé avec enthousiasme aux travaux de la ferme.