Viralata – Le fils du caïman

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Sébastien Acacia présentait "Viralata le fils du caïman" lors du festival du livre "off" de Besançon "les brasseurs de mots" début octobre ©YQ

Un message anonyme sur Messenger annonce à Martin qu’il a eu un fils il y a 18 ans, au cœur de la forêt amazonienne avec le grand amour de sa vie.

C’est le début d’une longue histoire palpitante qui mène le lecteur des berges de la Loire aux favelas de Rio, de Copacabana aux méandres immenses des fleuves amazoniens. Hebdo 25 a rencontré Sébastien Acacia, un auteur atypique, sensible, au parcours tortueux qui vit et écrit à Besançon.

Lorrain de naissance, franc-comtois d’adoption, brésilien de cœur, Sébastien Acacia a 46 ans. Il a grandi dans les Pyrénées Ariègeoises avant de venir à Besançon à l’âge de 14 ans. Un passage rapide par l’ISBA puis il « monte » à Paris où il crée rapidement une « web agency » dans le domaine du logiciel de formation. En parallèle, il développe une société de production audiovisuelle sur l’environnement, « Le 6ème continent », avec notamment l’univers des Chumballs qui sera produit et diffusé sur France 5 ainsi que deux séries éducatives en coproduction avec la TSR (Télévision Suisse Romande) et de grandes ONG internationales impliquées dans la transition climatique.

Puis c’est le choc. Il tombe amoureux du Brésil. Il y rencontrera sa future femme et mère de son enfant. Il va ainsi passer 12 ans dans ce pays qu’il décrit comme schizophrène, sorte de kaléidoscope de l’humanité. En 2015, alors que son fils est diagnostiqué autiste, la famille rentre à Besançon pour offrir au petit Anthony un cadre mieux adapté à son handicap.

“Viralata, le fils du caïman”

Martin, rongé de l’intérieur par un cancer en phase terminale, va prendre le premier avion pour Rio à la recherche de ce fils perdu. Sa quête est essentielle. Il doit impérativement retrouver ce grand frère pour son petit Antonin, un grand frère qui pourra l’accompagner dans sa vie quand lui ne sera plus là. C’est tout le sens du conte philosophique proposé par Sébastien Acacia.

Marcia, la maman de Julio, a-t-elle existé ? “Oui”, répond l’auteur. “Elle fut un amour passionné que j’ai vécu à Rio de Janeiro. J’ai prêté tout naturellement son nom à ce personnage de mon roman qui vit à Alta Floresta, une ville amazonienne de 50 000 habitants dans le nord du Mato Grosso, avant qu’elle ne disparaisse du jour au lendemain, laissant Martin dans le désarroi. L’enfant de l’amour est inventé, l’amour ne l’est pas”.

Pourquoi Viralata ? “En portugais du Brésil, cela signifie « bâtard », « sans père ». Mais, au contact de la mystique Ticuna, ce peuple indigène d’Amazonie, cela prend un tout autre sens. Julio va être sauvé par sa grand-mère indienne contre l’avis de toute la tribu. Je vous laisse découvrir son parcours et celui de son père”.

Alors, pourquoi “Le fils du caïman” ? “Il s’agit d’une sorte de fil rouge qui conduit le lecteur tout au long du livre. Je laisse découvrir ce mystère”.

Vont-ils se retrouver ? Julio va-t-il rencontrer son petit frère autiste, bouclant ainsi le périple de Martin dans cette “Amazonie, bains d’humilité” selon Sébastien Acacia. L’auteur nous emmène dans le Brésil “pays instinctif” en quête d’être en expérimentant les autres. Citant l’anthropologue Marc Augé, “c’est en cherchant du sens chez les autres qu’on trouve un sens à soi-même”, Sébastien Acacia parle avec tendresse de ce peuple brésilien, cordial et refusant les conflits, un choc de culture! Un livre à dévorer pendant ce confinement avec la gourmandise des piranhas du fleuve Amazone.

Yves Quemeneur

“Viralata, le fils du caïman” aux Editions Faralonn, disponible dans toutes les librairies, ainsi que sur le site www.faralonn-editions.com.