Besançon. Budget 2026 de Grand Besançon Métropole : que retenir de ce mandat ?

Le rapport central du conseil communautaire de Grand Besançon Métropole (GBM), ce jeudi 29 janvier 2026, portait sur le débat d’orientations budgétaires 2026. Alors que le budget de l’État n’est pas encore totalement ficelé, GBM espère une enveloppe de 386 millions d’€ en 2026, avec à l’intérieur 127,9 millions dédiés à l’investissement. « Près du double » par rapport au début de mandat, selon Gabriel Baulieu, 1er vice-président de l’agglomération, qui en a profité pour tirer un bilan positif : « nous sommes passés d’un projet de territoire à un territoire de projets ».

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Parmi les nouveaux investissements de 2026, les nouvelles rames de tramway sont attendues. Crédit photos : Grand Besançon Métropole

C’est avec le quorum d’élus tout juste atteint que ce premier conseil communautaire de l’année 2026 s’est ouvert jeudi 29 janvier, avec un hommage à Noa Thévenot El Kaim Billah, adolescent tragiquement disparu dans l’incendie de Crans-Montana dans la nuit du Nouvel An. La présidente de GBM, Anne Vignot, a également rappelé la mémoire de Pierre Dagon-Lartot, ancien maire d’Osselle-Routelle, décédé en décembre 2025, avant d’entrer rapidement dans le grand débat du jour : les orientations budgétaires pour l’année 2026.

Plus d’1,2 milliard d’€ dépensés depuis 2001 sur le territoire

Celles-ci ont d’abord servi de bilan au 1er vice-président Gabriel Baulieu. « Depuis 2019, nous sommes passés d’un projet de territoire à un territoire de projets », résume le maire de Serre-les-Sapins, notant l’accélération des dépenses au cours du dernier mandat. En ajoutant les 112 millions d’€ pour l’année 2025, avec 82 % de projets inscrits et réalisés, la collectivité a, au total, investi 548 millions d’euros en dépenses d’équipement depuis 2019.

Un dynamisme boosté en un mandat qui, avec le recul, est encore plus frappant. Depuis 2001, plus d’1,2 milliard d’euros ont été dépensés pour l’investissement sur le Grand Besançon. « À l’époque, on se demandait qui financerait la caserne des pompiers, le Conservatoire et le contournement de Besançon. Grâce à GBM, tout a été réalisé et le territoire se replace dans la compétition avec ses voisins en matière d’attractivité », se félicite Gabriel Baulieu, l’un des rares élus à avoir traversé les époques.

127,9 millions d’euros pour l’investissement en 2026

Cette rétrospective a surtout permis aux élus et services de GBM d’orienter le budget 2026, malgré un impact national réduit mais « bien réel ». « Ça n’a rien à voir avec l’esquisse de septembre où l’État demandait un effort de 5 milliards aux collectivités, contre un peu plus de 2 milliards aujourd’hui, mais c’est toujours un effort important », analyse Gabriel Baulieu.

Grand Besançon Métropole maintient le cap avec 386 millions d’euros, soit une hausse de quatre millions par rapport à 2025, et prévoit 127,9 millions d’euros pour l’investissement. De quoi finaliser des projets importants comme la restructuration du campus de La Bouloie, ou engager, au contraire, les premiers gros financements de structures majeures du mandat, comme les 20 millions d’euros dédiés à la Grande Bibliothèque, son coût total (90 M€) étant étalé jusqu’en 2028.

La place donnée au monde économique, l’éternel débat du mandat

Des investissements conséquents, « plus du double par rapport à 2019 », renchérit Gabriel Baulieu, où 66 millions d’euros avaient été investis en dépenses d’équipement. Mieux, selon l’élu, « 80 % des projets sont construits avec les entreprises locales qui répondent aux marchés publics ». Un modèle économique qui n’a, semble-t-il, pas totalement satisfait les élus locaux présents ce 29 janvier.

Heureux de voir les projets d’eau et d’assainissement se poursuivre ainsi qu’une importante participation de GBM quant au projet de rénovation de son école et de la salle polyvalente, le maire de Montfaucon, Pierre Contoz, a toutefois interpellé le conseil communautaire au sujet de l’impact de la hausse du versement mobilités des entreprises pour financer la gratuité partielle des transports en commun sur GBM. En réponse, Gabriel Baulieu et Anne Vignot ont partagé le souhait de présenter un bilan réel un an après ce choix fiscal voté au mois de juillet 2025.

De son côté, Jean-Paul Michaud, maire de Thoraise, après de longs remerciements quant au travail de Gabriel Baulieu toutes ces années, a évoqué son « regret » de ne pas voir un budget 2026 rattraper « le retard accumulé » quant au (non) développement des zones d’activités. « À l’heure où les dotations de l’État baissent, il faut soutenir les entreprises présentes et en attirer d’autres. L’emploi est le vecteur de notre territoire, il conserve aussi la jeunesse », poursuit l’élu. « Malgré toutes les difficultés, notre taux de chômage demeure inférieur à la moyenne nationale », répond Nicolas Bodin, vice-président en charge de l’économie. Admettant les difficultés de construire une politique économique avec « trois directeurs de service différents sur le mandat », l’élu socialiste a également répété son souhait de voir émerger une véritable vision économique « pour les microtechniques et l’industrie de défense », compétences déjà présentes sur le Grand Besançon. La vérité de ce débat reviendra aux électeurs qui, en mars prochain, choisiront les futurs élus de leur territoire pour changer, ou non, de dynamique.

M.S