Discrets mais essentiels, les locaux du Centre d’information et de consultation sur la sexualité (Cics) de Besançon sont installés au cœur du centre-ville. L’entrée est accolée à l’arrêt de tramway République. C’est ici que le public, principalement féminin, vient chercher des réponses.  Dès sa création, au lendemain de la loi Veil dépénalisant les interruptions volontaires de grossesse (IVG) sous certaines conditions, le Cics informe les femmes et les aide à faire respecter leurs droits « dans un contexte où se rencontrent de fortes réticences au sein même des hôpitaux et du corps médical, en particulier à Besançon », note le centre.

Un centre agréé pour les IVG médicamenteuses

Plus qu’un anniversaire fêtant le demi-siècle d’existence, l’année 2025 est aussi celle d’un symbole fort : « nous sommes désormais un centre agréé pour délivrer les IVG médicamenteuses. Le cadre familial peut parfois être bloquant notamment chez les mineurs, mais il est important de rappeler que la présence des parents n’est pas obligatoire pour une IVG, il faut simplement être accompagné d’un adulte », explique Marion Fichet, chargée de communication au Cics et intervenante en milieu scolaire.

Le Cics dispose d’un champ d’actions et de compétences plus large. Des médecins pratiquent des frottis et dépistages, assurent le suivi de la contraception. Ces services sont gratuits et anonymes. Une psychologue et conseillère conjugale et familiale sont aussi là pour accompagner le public. Le centre a également créé un questionnaire pour dépister les violences sexuelles, à destination de toutes les femmes.

Vendredi 4 avril, un anniversaire chargé

Cet anniversaire est intitulé « Relations, sexualités : en parler juste, juste en parler ». Il se déroule tout au long de la journée du vendredi 4 avril, au Kursaal. Dès 10h30, le Cics accueille Princess Békille pour une « conférence gesticulée » où l’intervenante, victime d’un pédocriminel, retracera son parcours et son combat pour être entendue. « L’après-midi, dès 14h, notre table-ronde revient sur les enjeux du programme Éduquer à la vie affective et relationnelle et à la sexualité (EVARS), porté par l’Éducation nationale qui a récemment été précisé par l’État. Avec des enseignants et nous essayons d’expliquer l’impact direct sur le terrain de ces séances.

Pour clôturer la soirée, l’influenceuse Camille Aumont Carnel, bien connue du jeune public sous le pseudo Jemenbatsleclito (660 000 abonnés sur Instagram). « Elle parle de sexualité avec un certain franc-parler, une manière cash et des codes qui sont propres aux jeunes. On ne veut pas circonscrire ces échanges uniquement aux personnes qui travaillent dessus mais au plus grand nombre. »

Informations pratiques : l’intervention Camille Aumont Carnel est payante, de 5 à 15 euros. Inscriptions sur le site helloasso.com