Besançon. Plus de 15 000 passages supplémentaires à la Banque Alimentaire, une augmentation alarmante

Les fins de mois sont difficiles pour de plus en plus de Bisontins. À Planoise et Montrapon notamment, l'aide alimentaire ne suffit plus. Une source d’inquiétude pour Sylvie Wanlin, adjointe en charge de la solidarité et vice-présidente du CCAS de Besançon, qui lance l’alerte.

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Crédit : Banque Alimentaires

« Le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) coordonne les distributeurs de l’aide alimentaire. […] On réalise un observatoire. Chaque semaine, on examine les passages des personnes dans les 22 distributions hebdomadaires. Ce que l’on a constaté, c’est qu’en 2023, par rapport à 2022, il y a plus de 15 386 passages supplémentaires. Le nombre de passages en 2023 a été de 115 988 (ménages qui passent et qui prennent les colis réservés). C’est une augmentation importante », souligne l’élue.

L’arrivée de seniors

Fin 2022, 2000 ménages, soit environ 5000 personnes, en bénéficiaient à Besançon. L’an dernier, ils étaient 2300 ménages chaque semaine. « Désormais, les bénéficiaires fréquentent plus régulièrement les distributions », ajoute Sylvie Wanlin. Autre source d’inquiétude : l’arrivée de seniors dans les distributions alimentaires. Et là, les solutions pour les en sortir semblent plus compliquées. Comme le note l’élue ; « il ne peut pas y avoir d’augmentation notable des revenus, parce que souvent, ils sont en retraite. »

Dirigées par les travailleurs sociaux vers les points d’aide alimentaire, les personnes dans le besoin bénéficient aussi d’un accompagnement social pour les sortir de leur précarité. « De faire en sorte qu’ils ne reviennent plus », résume Sylvie Wanlin. Cette augmentation des besoins crée une tension importante pour les associations d’aide alimentaire, approvisionnées par la banque alimentaire. Raréfaction des ramasses. Crise du bénévolat découlant de la crise de coronavirus. Alors, quelquefois, il faut acheter de la nourriture ; ce qui engendre des coûts.

Planoise, Montrapon : capacité maximale d’accueil dépassée

« Il y a cette augmentation de la précarité, arrivé à un moment donné, on ne sait pas comment on va faire pour nourrir toutes ces personnes. Maintenant, la situation est toujours sous contrôle. Bien que, bien souvent, pour certaines associations d’aide alimentaire, la capacité maximale d’accueil a été dépassée, notamment pour Planoise, pour Montrapon », développe l’élue référente. Elle poursuit ; « J’ai réuni une table ronde en indiquant aux financeurs : attention, là, on ne sait plus faire ! »

Des causes multiples

Plusieurs causes peuvent expliquer cette augmentation des besoins en aide alimentaire à Besançon : l’inflation, l’augmentation des prix de l’énergie, le contexte national et international plus globalement. « L’aide alimentaire, normalement, c’est un substitut. Ça ne doit pas être un repas principal, c’est quelque chose en plus qui vous aide », rappelle Sylvie Wanlin. « Je peux vous dire que pour la grande majorité des personnes qui viennent, ce n’est pas un substitut, mais c’est leur repas principal. Et c’est très inquiétant ! »