Doubs. Immobilier : vers une baisse record des ventes en 2023 ?

Les causes sont multiples mais la baisse d'activité du marché immobilier pourrait bien durer encore un moment selon l'équipe de scientifiques de l'entreprise Meilleurs Agents. Une situation qui replace la négociation au coeur de la vente.

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Photo d'illustration

C’est un effet boomerang dont les acteurs du marché immobilier se passeraient bien : l’inflation couplée à la hausse des différents taux – révisés à chaque trimestre – provoque une baisse de l’activité du marché qui dure et devrait se poursuivre sur plusieurs mois. L’effet boule de neige s’intensifie : la remontée des taux d’intérêts sur les emprunts à l’été 2022 a d’abord réduit la production de crédit à l’habitat accordés aux ménages plus modestes mais a également effrayé les acheteurs avec un pouvoir d’achat plus important.

Les derniers mois de l’année passée n’étaient plus propices aux bonnes affaires : des taux d’intérêts qui augmentent et un prix de vente qui reste le même ou diminue sensiblement… le contexte peu favorable pour l’acheteur l’est aujourd’hui aussi pour le vendeur : « pour l’instant, sur la base des promesses de ventes renseignées sur Meilleurs Agents par les agences partenaires (NDLR : plus de 11 000 en France), le volume mensuel de ventes a reculé de -15% en mars 2023 comparé au même mois de 2022. Mais nous pouvons attendre une baisse plus significative du côté des transactions. », explique Thomas Lefebvre, directeur scientifique chez Meilleurs Agents.

-37% de crédits en un an

Selon les chiffres de l’entreprise, la production annuelle de crédits a diminué de 13% en 1 an (NDLR : au 1er mars 2023) et la production mensuelle ne cesse de se dégrader : 14,6 milliards d’euros en février 2023 contre 18,5 milliards cinq mois plus tôt ou encore 23,1 milliards en février 2022, soit -37% entre février 2023 et février 2022. « On peut donc craindre que la baisse de l’activité s’accélère dans les prochains mois, en raison de multiples promesses de ventes qui n’arriveront pas à se concrétiser devant notaire. De ce fait, le volume de transactions annuel fin 2023 pourrait facilement s’éloigner du seuil du million de ventes. », analyse le directeur.

Plus de négociations

Localement la baisse d’activité se ressent aussi : à Besançon l’évolution du prix moyen d’achat d’un appartement est de -2,8 % sur un an et -4,7% au cours des trois derniers mois. Le prix du m2 moyen est de 2300 € et les ventes elles, sont plutôt rares. À l’inverse, le secteur frontalier échappe encore à cette conjoncture. Pour un appartement à Pontarlier, le prix au m2 peut grimper jusqu’à 3300 € selon le site : +3,6% sur un an, et +2,3% sur les trois derniers mois. « Les acquéreurs ont repris la main dans le marché immobilier. Après des années durant lesquelles toute tentative de négociation faisait l’objet d’un refus quasi-systématique de la part des vendeurs, les demandes de baisse de prix font désormais à nouveau partie du jeu. » note l’entreprise. Dans les 50 plus grosses communes de France, le taux moyen de négociation s’établit actuellement à -4,1% contre -3,5% il y a un an. En zone rurale, la négociation permet de faire tomber le prix en moyenne à -4,2% en dessous du prix de mise en vente.

La rédaction